Visite à Tripoli du chef de la diplomatie italienne

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 (Actualisé avec lancement d'un fonds de l'Onu, 8e et 9e 
paragraphes) 
    par Aidan Lewis 
    TRIPOLI, 12 avril (Reuters) - Le ministre italien des 
Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, s'est rendu mardi à 
Tripoli pour affirmer le soutien de la communauté internationale 
au gouvernement d'union nationale de Fayez Seraj. 
    Première personnalité occidentale à faire le déplacement de 
Tripoli depuis l'arrivée il y a près de deux semaines de Fayez 
Seraj dans la capitale libyenne, Paolo Gentiloni a estimé que sa 
visite constituait un "précédent" qui pourrait inspirer d'autres 
pays.  
    "Nous étudions tous la possibilité de rétablir notre 
présence diplomatique ici à Tripoli", a ajouté le chef de la 
diplomatie italienne, sans toutefois s'avancer sur une date. Le 
personnel diplomatique occidental a quitté Tripoli lors des 
combats qui ont ensanglanté la capitale libyenne en 2014.   
    Paolo Gentiloni et Fayez Seraj se sont rencontrés sur une 
base navale très surveillée d'où le gouvernement d'union, ou 
Conseil présidentiel, opère depuis son arrivée par bateau de 
Tunisie le 30 mars dernier. 
    Le Conseil doit faire face à de fortes résistances de la 
part des deux gouvernements et deux parlements rivaux qui se 
disputent le contrôle de la Libye depuis l'été 2014. 
    L'installation du gouvernement d'union à Tripoli a toutefois 
"changé la donne", a estimé Paolo Gentiloni. "Nous sommes 
convaincus que cela peut ouvrir la voie à la stabilisation de la 
Libye", a-t-il dit.  
    Il a toutefois rappelé que le gouvernement de Fayez Seraj 
était encore en pleine phase d'installation et qu'il attendait 
toujours d'être approuvé par le parlement de Tobrouk, dans l'est 
du pays, qui est reconnu par la communauté internationale. 
    Le personnel diplomatique occidental a été évacué de Tripoli 
en 2014 sur fond de violents affrontements entre factions 
rivales. Bon nombre de ces diplomates se sont installés à Tunis, 
où les Nations unies ont lancé mardi un fonds de stabilisation 
pour le gouvernement d'union nationale libyen, fonds destiné à 
rebâtir les infrastructures et à soutenir les entreprises. 
    Le fonds a reçu des promesses de dons de plusieurs pays, 
dont 10 millions d'euros de l'Allemagne et deux millions de 
dollars (1,75 million d'euros) des Etats-Unis, et autant de 
l'Italie et du Qatar. 
     
    LUTTE ANTITERRORISTE 
    L'Italie a effectué mardi ses premières livraisons d'aide 
alimentaire et médicale dans la région de Tripoli et prévoit 
d'envoyer de l'aide aux hôpitaux de Benghazi, la deuxième ville 
du pays dans l'Est.  
    Des rencontres bilatérales sur l'immigration clandestine, 
les transports et la sécurité ont été programmées entre le 
Conseil libyen et l'ancienne puissance coloniale.  
    L'Italie comme les autres pays occidentaux espèrent que la 
stabilisation politique permettra de mieux lutter contre la 
progression des groupes djihadistes dans le pays, mais Paolo 
Gentiloni a souligné que la lutte contre le terrorisme était 
avant tout du ressort des Libyens.  
    "Ce n'est pas quelque chose qui peut être décidé à Rome, à 
Londres ou à Washington", a-t-il insisté.  
    Fayez Seraj s'est dit confiant dans la coopération future 
avec les autres Etats en matière de lutte antiterroriste, qui 
constitue pour lui une "priorité".  
    "Nous allons passer des visites protocolaires et à des 
rencontres plus concrètes et focalisées", a déclaré le chef du 
Conseil présidentiel. 
    La reprise des relations diplomatiques pourrait précéder le 
retour en Libye du personnel des sociétés pétrolières étrangères 
implantées sur place en dépit des dégâts subis par certaines des 
plus importantes infrastructures du pays. 
 
 (Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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