Virus Zika-Mission en Martinique pour évaluer les besoins

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    par Cécile Everard 
    FORT-DE-FRANCE, Martinique, 30 janvier (Reuters) - Une 
mission de l'Établissement de préparation et de réponses aux 
urgences sanitaires (Eprus) est arrivée vendredi soir en 
Martinique, à la demande de la ministre de la Santé, Marisol 
Touraine, pour évaluer les besoins complémentaires à fournir aux 
hôpitaux et aux médecins de l'île face à l'épidémie provoquée 
par le virus Zika. 
    La mission devrait ensuite se rendre en Guyane. 
    L'Amérique du Sud fait face depuis l'an dernier 2015 à une 
épidémie de virus Zika, et l'Organisation mondiale de la santé 
(OMS) a annoncé la tenue lundi d'une réunion d'urgence, après 
avoir parlé d'une propagation "explosive" du virus dans les 
Amériques.  
    Dans sa livraison de vendredi, le bulletin de la cellule 
interrégionale épidémiologique (Cire Antilles Guyane), antenne 
locale de l'Institut national de veille sanitaire, fait état de 
"la poursuite de la circulation virale" en Martinique, avec 
2.287 cas évocateurs de Zika depuis le 28 décembre et 245 cas 
depuis le début du mois de décembre en Guyane. 
    La Guadeloupe n'est pas encore en situation d'épidémie, mais 
affiche 10 cas confirmés. 
    "Nous ne sommes ni dépassés ni surpris", indique Eric 
Fontanille, le conseiller sanitaire de zone de l'Agence 
régionale de santé de Martinique. "Nous ne nous attendons pas à 
un débordement, que ce soit au niveau de la médecine de ville ou 
des urgences." 
    Zika est le nom du virus transmis par le moustique Aedes 
Aegypti. La maladie qu'il engendre est le plus souvent bénigne, 
et, à 80%, asymptomatique.  
    La maladie est qualifiée de "petite dengue", par le Dr André 
Cabié, chef du service des maladies infectieuses au CHU Pierre 
Zobda Quitman, de Fort-de-France, car elle ne présente 
généralement pas la gravité de la dengue ni les douleurs 
persistantes du chikungunya, auquel les Antilles-Guyane ont eu à 
faire face en 2014. Le Zika ne peut s'attraper qu'une seule 
fois. 
     
    INQUIÉTUDE POUR LES FEMMES ENCEINTES 
    Deux cas de complications existent cependant : Le premier 
est le syndrome de Guillain-Barré, dû à une atteinte des nerfs 
périphériques, pouvant conduire jusqu'à des paralysies, le plus 
souvent réversibles. La Polynésie française, qui a connu une 
épidémie de Zika, a présenté une incidence de ce syndrome 30 
fois supérieure à la moyenne, avec 42 cas entre octobre 2013 et 
avril 2014. 
    Le CHU de Martinique a ainsi demandé et dégagé des moyens 
supplémentaires notamment pour ses services de réanimation et de 
neurologie, pour faire face une augmentation de quelques 
dizaines de malades supposés du syndrome de Guillain-Barré 
durant l'épidémie. 
    Mais l'inquiétude est nettement montée ces derniers jours 
concernant les femmes enceintes des Antilles-Guyane comme de 
l'Hexagone, après les déclarations de Marisol Touraine, qui a 
recommandé "aux femmes enceintes ou ayant un projet de 
grossesse" de reporter leur voyage aux Antilles-Guyane. 
    Cette sortie fait suite aux recommandations du Haut conseil 
de la santé publique du 22 janvier, qui se base sur 
l'orientation actuelle de l'épidémie au Brésil, où elle a débuté 
en avril 2015. Dans ce pays, au 23 janvier, il y avait 4.180 cas 
suspectés de microcéphalie en lien avec le Zika (anomalie de 
croissance de la boîte crânienne) , dont  270 cas confirmés. 
    "Toutefois, les médecins n'ont pu détecter le zika, de 
manière biologique, que dans six cas sur ces 270. Le Brésil 
possède 204.000 millions d'habitants et assure 3,1 millions de 
naissances par an", tempère le Dr Bruno Schaub, 
gynécologue-obstétricien, coordonnateur du Centre 
pluridisciplinaire de diagnostic prénatal de Martinique et 
directeur du registre des malformations congénitales des 
Antilles. "On est loin des générations de microcéphales 
annoncées!" 
 
 (édité par Eric Faye) 
 
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