Virage libéral pour la diplomatie brésilienne à Buenos Aires

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    par Anthony Boadle 
    BRASILIA/BUENOS AIRES, 24 mai (Reuters) - Le nouveau 
ministre des Affaires étrangères brésilien, José Serra, a marqué 
lundi lors de sa première visite en Argentine une nette 
inflexion de la diplomatie du pays, qui entend désormais 
privilégier les liens commerciaux aux alliances idéologiques. 
    Âgé de 74 ans, le nouveau chef de la diplomatie brésilienne, 
qui s'est porté candidat à la présidentielle à deux reprises, a 
fait la promesse d'ouvrir de nouveaux marchés pour les 
exportations brésiliennes dans un contexte économique difficile. 
    A Buenos Aires, il s'est concentré sur la rénovation de 
l'union douanière sud-américaine, le Marché commun du Sud 
(Mercosur), afin d'en faire une véritable zone de libre-échange. 
    Doté de nouveaux pouvoirs pour négocier des accords 
commerciaux, José Serra prévoit en outre de renforcer les liens 
avec les marchés traditionnels comme l'Europe et les Etats-Unis 
et de développer les relations avec la Chine, devenue récemment 
le premier marché à l'exportation du pays. 
    Après la préférence accordée par Lula aux relations 
Nord-Sud, et une position nuancée de Dilma Rousseff face aux 
Etats-Unis, Serra estime qu'une amélioration des relations avec 
Washington est inévitable, notamment grâce à un assouplissement 
des barrières commerciales. 
    "Il y aura un alignement plus grand entre les Etats-Unis et 
le Brésil sur des questions mondiales", prédit Michael Sifton, 
président du groupe de réflexion InterAmerican Dialogue. 
    L'Argentine, gouvernée par les libéraux depuis l'année 
dernière, jouera aussi un rôle de premier plan dans la stratégie 
commerciale brésilienne, le pays représentant la première 
destination de la production manufacturière du Brésil. 
    "La diplomatie va de nouveau refléter les valeurs de la 
société brésilienne et l'intérêt de son économie, et elle ne 
sera plus au service des préférences idéologiques d'un parti et 
de ses alliés à l'étranger", a dit José Serra dans son premier 
discours en tant que ministre la semaine dernière. 
    Il a en outre réprimandé le Venezuela, Cuba, la Bolivie, 
l'Equateur et le Nicaragua, les accusant d'interférer dans les 
affaires intérieures en qualifiant de "coup d'Etat" la 
suspension de Dilma Rousseff. 
    Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a rappelé son 
ambassadeur à Brasilia à la suite de la suspension de Dilma 
Rousseff pour procéder à des consultations.  
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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