Viols en Centrafrique : la colère du procureur de Bangui

le
0
Viols en Centrafrique : la colère du procureur de Bangui
Viols en Centrafrique : la colère du procureur de Bangui

Au bout du fil, sa voix est agacée. Ghislain Grésenguet, procureur de la République de Bangui a découvert en même temps que le grand public le scandale qui éclabousse l’armée française. C’était mercredi, lorsque le quotidien britannique «The Guardian» a dévoilé le contenu d’un rapport explosif de l’ONU faisant état de l’exploitation sexuelle d’enfants centrafricains par des militaires français. Entretien.

Vous venez d’ouvrir une enquête à Bangui. Pour quelle raison ?

GHISLAIN GRESENGUET. Nous avons été très surpris d’apprendre mercredi sur les ondes de RFI qu’un rapport interne des Nations Unies faisait état d’accusations de viols d’enfants centrafricains par des soldats français entre décembre 2013 et juin 2014. Ces faits, d’une extrême gravité, ne pouvaient pas nous laisser insensibles. Nous avons immédiatement ouvert une enquête pour viols sur mineurs et pédophilie. L’enquête a été confiée à une section de recherche et d’investigation de la police judiciaire centrafricaine. Nous sommes impatients de faire la lumière sur cette affaire. Si elle venait à se confirmer, elle discréditerait totalement l’armée française en Centrafrique.

Etes-vous en colère contre la France ?

Nous avons toujours été dans une parfaite coopération judiciaire avec la France. Là, on se demande pourquoi nous n’avons pas été associés dès le départ. D’autant que beaucoup de déplacés ont quitté le camp M’Poko (où seraient déroulés les faits NDLR) depuis. La question mériterait d’être posée à l’armée française : pourquoi les autorités judiciaires centrafricaines n’ont pas été informées de l’ouverture d’une enquête au parquet de Paris.

Comment l’expliquez-vous ?

Une enquête doit se faire dans la transparence. Nous sommes les autorités judiciaires centrafricaines habilitées. On devrait pouvoir contribuer à la manifestation de la vérité ! J’ai entendu le ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant