Violents combats dans l'Est syrien, à la veille de législatives

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par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Des affrontements ont opposé durant la nuit de samedi à dimanche des insurgés à des troupes de l'armée régulière dans une province pétrolière de l'est de la Syrie, à la veille d'élections législatives censées montrer, selon les autorités, qu'un processus de réformes est en marche.

Des insurgés armés de roquettes RPG ont attaqué des positions de blindés dans l'est de la capitale provinciale, Daïr az Zour, en riposte à une offensive militaire contre des villes et des villages de cette région tribale limitrophe de l'Irak.

"Nous ne disposons pas de bilan des morts, parce que personne n'ose s'aventurer dans les rues", a déclaré un opposant qui vit près du carrefour de Ghassan Abboud, l'un des foyers de l'insurrection dans la ville.

"La population est prise au piège et la colère monte", a-t-il expliqué, en notant que les combats avaient baissé d'intensité dans la matinée.

L'armée du président Bachar al Assad dispose encore de chars et d'armes lourdes dans les villes, en violation des termes du cessez-le-feu que supervisent d'ores et déjà une cinquantaine d'observateurs des Nations unies. Les insurgés poursuivent leurs attaques contre les convois militaires et les barrages routiers, selon des témoins et des militants de l'opposition.

A terme, 300 observateurs de l'Onu doivent se déployer à travers le pays pour veiller au respect de la trêve entrée en vigueur le 12 avril, mais la présence des 50 déjà sur place n'a pas fait cesser les violences, en cours depuis mars 2011.

LES OBSERVATEURS ATTENDUS À ZABADANI

Les autorités présentent les élections législatives de lundi comme la vitrine des réformes en cours, mais pour l'opposition, elles ne modifieront guère la composition d'un parlement qui joue un rôle de chambre d'enregistrement et dont les membres ont été choisis depuis une quarantaine d'années par la famille Assad, avec l'appui de la puissante police secrète.

Actuellement, pas un seul opposant ne siège au parlement et les médias officiels ont annoncé que la moitié des sièges seraient réservés aux "représentants des ouvriers et paysans", dont les syndicats sont contrôlés par le Parti Baas, au pouvoir.

"Rien n'a changé. Le système politique syrien demeure totalement corrompu et les résultats des élections seront une nouvelle fois déterminés à l'avance", assure un militant de l'opposition, Bassam Ichak, qui a tenté en vain de se faire élire en 2003 et 2007.

Le ministre de l'Intérieur, Mohammad Nidal al Chaar, s'est rendu dimanche à Alep dans le nord du pays, et a estimé que la deuxième ville du pays était prête pour les élections.

"Toutes les ressources seront mises à disposition pour garantir que le processus électoral se déroule harmonieusement", a dit à la presse le ministre, flanqué de responsables électoraux.

Les manifestations antigouvernementales ont gagné ces derniers temps Alep, où les forces d'Assad ont tué sept étudiants sur le campus de la ville en avril.

Dimanche, les observateurs des Nations unies devaient se rendre à Zabadani, près de la frontière libanaise, au lendemain de leur visite à Douma, autre ville qui, à un moment donné, était devenue un bastion de l'insurrection avant de repasser sous le contrôle de l'armée.

Benjamin Massot et Eric Faye pour le service français

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