Violents combats à Damas, la Russie campe sur ses positions

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VIOLENTS COMBATS EN SYRIE À DAMAS
VIOLENTS COMBATS EN SYRIE À DAMAS

par Erika Solomon et Mariam Karouny

BEYROUTH (Reuters) - Les affrontements d'une violence sans précédent depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad qui ont éclaté dimanche à Damas se sont poursuivis lundi.

Les forces syriennes appuyées par des véhicules blindés sont entrées dans le quartier sunnite de Midan pour déloger les rebelles qui avaient pris le contrôle de certaines zones, non loin des principaux bâtiments gouvernementaux, selon des opposants. Des habitants ont signalé la présence de tireurs d'élite sur les toits.

"Il y a des troupes partout. J'entends des ambulances. on dirait qu'il y a une guerre à Damas", a déclaré l'un d'eux.

Des images tournées par des opposants et reprises par la chaîne de télévision Al Djazira montrent des hommes en civil dissimulés derrière des sacs de sable tirant au fusil mitrailleur et au lance-roquettes.

Selon un combattant joint par Reuters, les rebelles sont encerclés et ne peuvent pas battre en retraite, comme ils l'ont fait lors de précédentes incursions dans la capitale.

"Ils veulent partir. S'ils avaient pu le faire, ils l'auraient fait. Toutes la zone est encerclée", a-t-il déclaré.

Des combats ont également éclaté été signalés dans le quartier de Tadamon, dans le sud de la capitale.

Le gouvernement syrien n'a fait aucun commentaire, mais la télévision publique parle d'une opération militaire contre des "mouvements terroristes".

La capitale était jusqu'ici considérée comme un bastion imprenable du pouvoir. "Quand vous pointez vos armes vers le coeur de Damas, vers Midan, vous avez perdu la ville. Les rebelles de la rue ont le soutien des familles de Damas", a assuré l'opposant Imad Moaz.

ANNAN À MOSCOU

Cette nouvelle vague de violences coïncide avec l'arrivée de l'émissaire international Kofi Annan à Moscou où il va tenter de convaincre la Russie d'accentuer la pression sur le président Bachar al Assad.

Le diplomate ghanéen, chargé en février par l'Onu et la Ligue arabe de trouver une issue à la crise syrienne, rencontrera ce mardi le président russe Vladimir Poutine.

La Russie, qui a opposé son veto à deux reprises à des projets de résolution du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant la répression du soulèvement syrien, reste pour l'heure hostile aux sanctions prônées par les puissances occidentales.

S'adressant à la presse, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a une nouvelle fois rejeté un projet de résolution britannique incluant une menace de sanctions à l'encontre du régime de Bachar al Assad.

"A notre grand regret, on voit des éléments de chantage (...) C'est une approche absolument contreproductive et dangereuse", a estimé Lavrov, qui a exhorté ses alliés à soutenir le projet de résolution russe qui ne prévoit aucune sanction à l'encontre du régime de Damas.

"Nous n'autoriserons pas l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité qui ne se base pas sur les accords de Genève", a-t-il averti, évoquant la réunion du 30 juin à Genève des membres du Groupe d'action sur la Syrie qui se sont mis d'accord sur les principes d'un processus de transition en Syrie.

"Si nos partenaires décident tout de même de bloquer notre résolution, la mission (des observateurs) de l'Onu n'obtiendra pas de mandat et devra quitter la Syrie. Ce serait dommage", a-t-il ajouté.

A New York, l'ambassadeur britannique à l'Onu Mark Lyall Grant a annoncé que le projet de résolution sera mis au voix mercredi, malgré l'hostilité de la Russie.

AMBASSADEUR EXPULSÉ

A Rabat, le ministère marocain des Affaires étrangères a annoncé avoir demandé à l'ambassadeur de Syrie, désormais persona non grata au Maroc, de quitter immédiatement le pays.

En réaction, le gouvernement syrien a annoncé un peu plus tard, lundi, que l'ambassadeur du Maroc à Damas était désormais "persona non grata" en Syrie.

Le ministère marocain des Affaires étrangères n'a pas fourni d'explication, se bornant à dire que la situation en Syrie ne pouvait "pas rester ce qu'elle est".

En mai, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Australie, la Bulgarie et la Suisse ont tous expulsé les diplomates syriens en poste dans leurs capitales, cela en réplique au massacre de 108 personnes le même mois dans la ville syrienne de Houla.

Selon l'opposition syrienne, entre 100 et 220 personnes ont été massacrées jeudi dernier par l'armée syrienne et les miliciens "chabiha" dans le village de Tremsa, près d'Hama.

Le régime syrien a démenti dimanche les affirmations de Kofi Annan selon lesquelles les forces régulières auraient fait usage d'armes lourdes ou d'hélicoptères à Tremsa. Damas présente les violences comme une opération spéciale contre "des groupes terroristes armés."

Selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, les violences politiques ont fait depuis mars 2011 plus de 17.000 morts en Syrie. La Croix-Rouge qualifie désormais les combats de "conflit armé intérieur" autrement dit de guerre civile.

Avec Khaled Yacoub Oweis à Amman et Thomas Grove à Moscou; Jean-Philippe Lefief, Hélène Duvigneau et Marine Pennetier pour le service français

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  • M3435004 le mardi 17 juil 2012 à 11:25

    Il est grand temps que nous nous débarassions de notre dépendance du pétrole et que nous arrêtions de payer notre drogue au prix fort pour enrichir des dealers comme Poutine qui ont besoin de sbires comme El Hassad et Ahmedinejad pour faire prospérer leur trafic.