Violents combats à Damas, Alep et Daïr az Zour

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VIOLENTS COMBATS À DAMAS, ALEP ET DAÏR AZ ZOUR
VIOLENTS COMBATS À DAMAS, ALEP ET DAÏR AZ ZOUR

par Dominic Evans

BEYROUTH/AMMAN (Reuters) - Les forces syriennes fidèles au président Bachar al Assad ont bombardé dimanche plusieurs quartiers de Damas et repris du terrain sur les insurgés qui ont lancé une offensive sur la capitale il y a une semaine, tandis que les combats continuent à Alep, grande ville du nord du pays, ont rapporté des témoins.

L'utilisation à Damas d'hélicoptères de combat, également employés dimanche pour bombarder Daïr az Zour (est), marque un durcissement de la contre-attaque gouvernementale sur la capitale, quatre jours après l'attentat à la bombe qui a tué quatre hauts responsables de la sécurité.

Les insurgés ont été chassés de Mezzeh, le quartier diplomatique de la capitale, et les troupes d'élite de la 4ème division, dirigée par Maher, le frère de Bachar al Assad, assiégeaient le district de Barsé, dans le nord de Damas, selon des habitants et des membres de l'opposition.

Maher al Assad est désormais l'un des principaux responsables de la sécurité syrienne, après la mort du ministre de la Défense et du beau-frère de Bachar al Assad dans l'attentat de mercredi.

Un diplomate occidental a comparé la stratégie dans la capitale de Bachar al Assad, qui semble se concentrer sur la reprise de lieux stratégiques, à un chirurgien "qui abandonne les membres d'un patient pour sauver les organes vitaux".

Les forces gouvernementales semblaient dimanche suivre une tactique semblable à Alep, ville la plus peuplée du pays, où elles affrontaient les insurgés près du principal bâtiment des services de renseignements, après avoir repris la veille un quartier tenu par l'opposition, dans le nord de la ville.

ÉROSION DU POUVOIR CENTRAL

Des rebelles ont, par ailleurs, annoncé dimanche qu'ils avaient pris le contrôle d'un poste frontalier avec la Turquie, Bab al Salam, le troisième en quatre jours dans cette région. Des responsables irakiens ont, en revanche, affirmé que les forces syriennes avaient repris l'un des deux postes capturés par les insurgés à la frontière entre les deux pays.

Des activistes de l'opposition ont aussi déclaré que plusieurs villes dans le nord-est de la Syrie, majoritairement kurde, étaient désormais exclusivement contrôlées par des responsables locaux, marquant une érosion sans violence du pouvoir de Damas.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres et soutien de l'opposition, a fait état de 1.261 tués, dont 299 parmi les forces pro-Assad, dans toute la Syrie depuis dimanche dernier, ce qui fait de cette semaine la plus meurtrière du conflit.

L'OSDH a estimé à 180 personnes dont 48 soldats le nombre de tués au cours de la seule journée de samedi. La majeure partie des victimes sont mortes dans la province de Homs (centre), coeur du soulèvement entamé il y a 16 mois.

Sur le plan diplomatique, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, a annoncé samedi qu'il dépêchait en Syrie le sous-secrétaire chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, afin de rendre compte de la situation sur le terrain.

Ban Ki-moon a également recommandé que la Mission des observateurs de l'Onu en Syrie (Misnus) se concentre désormais sur l'examen d'une transition politique, plutôt que sur la vérification du cessez-le-feu -inexistant- prévu dans le cadre du plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan.

Plusieurs diplomates ont affirmé que les suggestions de Ban Ki-moon ne nécessitaient que la moitié des 300 observateurs militaires non armés présents sur le terrain, et que plusieurs d'entre eux avaient déjà quitté la Syrie samedi.

Le Conseil de sécurité a voté à l'unanimité vendredi une prolongation de 30 jours de la Misnus, sans ajustement de mandat, au lendemain d'un veto apposé par la Russie et la Chine à un projet de résolution qui aurait imposé des sanctions contre Damas.

Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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