Violences après le meurtre d'un opposant à Tunis

le
9
LE MEURTRE D'UN OPPOSANT TUNISIEN PROVOQUE COLÈRE ET INCIDENTS
LE MEURTRE D'UN OPPOSANT TUNISIEN PROVOQUE COLÈRE ET INCIDENTS

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - L'assassinat jeudi à Tunis du dirigeant d'opposition Mohamed Brahmi, abattu de plusieurs balles devant son domicile, a provoqué manifestations et incidents dans la capitale tunisienne et à Sidi Bouzid, dans le centre du pays.

Dans cette ville, berceau de la "révolution de jasmin" de l'hiver 2010-2011, des bureaux du parti islamiste Ennahda, au pouvoir ont été incendiés.

"Des manifestants ont mis le feu aux sièges d'Ennahda dans les quartiers de Meknassi et de Menzel Bouziane à Sidi Bouzid", a déclaré à Reuters un habitant, Mehdi Horchani.

Elu à l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mohamed Brahmi, âgé de 58 ans, était fondateur et ancien secrétaire général du Mouvement du peuple (Echaâb), une formation laïque et nationaliste.

Selon des témoins, il a été abattu par deux hommes à moto devant chez lui alors qu'il descendait de voiture. "Il a été tué devant sa maison alors qu'il était avec sa fille handicapée", a déclaré Mohamed Nabki, membre lui aussi d'Echaâb.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le ministère de l'Intérieur à l'annonce de l'assassinat en exigeant la démission du gouvernement dominé par les islamistes.

"À bas le pouvoir islamiste !", criait la foule.

"Ce gang criminel a tué la voix libre de Brahmi", a déclaré sa veuve Mbarka Brahmi.

À Sidi Bouzid, des milliers de manifestants "très en colère" sont descendus dans les rues, ont bloqué plusieurs artères de la ville et mis le feu à des pneus.

Un jeune vendeur de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi, s'était immolé par le feu en décembre 2010 à Sidi Bouzid pour protester contre la confiscation de son étal par la police.

Son décès début janvier avait suscité une intense émotion et déclenché une vague de manifestations qui avaient débouché sur le renversement du président Zine Ben Ali et inspiré les "printemps arabes" dans la région.

"JOUR DE DEUIL NATIONAL"

Membre de l'assemblée chargée d'élaborer la nouvelle Constitution, Mohamed Brahmi n'avait pas ménagé ses critiques envers le parti islamiste Ennahda au pouvoir.

Le président de l'ANC, Mustapha Ben Djaafar, a déclaré que vendredi serait "un jour de deuil national".

Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahda, a estimé que l'assassinat de Mohamed Brahmi avait pour but de "stopper le processus démocratique en Tunisie et de tuer le seul modèle réussi dans la région, particulièrement après les violences en Egypte, en Syrie et en Libye".

Le 6 février dernier, Chokri Belaïd, l'un des responsables de l'opposition laïque, avait lui aussi été abattu devant son domicile dans la capitale tunisienne, probablement par un membre d'un groupe salafiste radical, selon la police.

Sa mort avait provoqué à travers le pays les plus importantes manifestations depuis la chute de Ben Ali.

Hussein Abbasi, secrétaire-général de l'UGTT, la principale confédération syndicale du pays, a prédit jeudi "un bain de sang" après l'assassinat de Brahmi. L'UGTT a appelé à la grève générale vendredi.

À Paris, le président François Hollande a condamné "avec la plus grande fermeté" cet assassinat et appelé "l'ensemble des forces politiques et sociales tunisiennes à faire plus que jamais preuve du nécessaire esprit de responsabilité pour préserver l'unité nationale et garantir la poursuite de la transition démocratique".

Guy Kerivel pour le service français, édité par Pascal Liétout

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • T20 le jeudi 25 juil 2013 à 21:13

    Toujours pareil: gouvernement islamique c'est Kif-Kif dictature

  • kalas le jeudi 25 juil 2013 à 20:27

    s'il vous plaît messieurs, ne riez pas, mais le slogan de l'islam c'est paix et amour

  • pierry5 le jeudi 25 juil 2013 à 20:09

    Les occidentaux et non occidents.....

  • pierry5 le jeudi 25 juil 2013 à 20:08

    Les princes, cheik et autres machins du Golfe sont tous archi-milliardaires, ceux-là on en parle pas. Ben Ali tenait son pays et sous son pouvoir il n'y avait pas tout ça. Malheureusement les occidents préfèrent les barbus aux dirigeants laïcs.

  • M8363207 le jeudi 25 juil 2013 à 19:59

    A qui profite le crime ?Il est dans l’intérêt de qui de tuer des opposants connus et reconnus et tenter par la de mettre le feu au pays ?N'oublions pas les milliard avec lesquels a fui le couple Benali et n'oublions pas que l’épouse du président déchu Benali fait et fera tout pour revenir au pouvoir.A qui profite le crime, à qui ???

  • pichou59 le jeudi 25 juil 2013 à 18:01

    "À bas le pouvoir islamiste !", criait la foule.

  • vd46 le jeudi 25 juil 2013 à 17:40

    vivement la reconquista en FRANCE !et les croisades au delà !

  • vd46 le jeudi 25 juil 2013 à 17:39

    z'ont dû se tromper ,car c'est un islamiste mort qui est un bon musulman ...

  • M8252219 le jeudi 25 juil 2013 à 16:18

    la seule loi que connaissent les intégristes pour prendre le pouvoir c'est l'élimination physique de leur opposants . les musulmans finiront bien par le comprendre.