Violence : les enseignants s'assurent

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Près de la moitié des enseignants et personnels de direction a souscrit une assurance spéciale de la Maif qui leur assure un soutien financier et moral en cas d'agression ou d'accident.

La recrudescence de la violence scolaire s'observe par le nombre de contrats d'assurance souscrits pas les enseignants pour se protéger. La Maif révèle ce vendredi que 55% des enseignants et la moitié du personnel de direction, soit près de 500.000 personnes, ont choisi pour cette rentrée 2012 de souscrire une assurance spéciale qui les couvre des accidents et des agressions, aussi bien moralement que physiquement.

«A l' origine, l'assurance ne comportait qu'un premier volet d'aide de proximité juridique. Mais nous avons constaté que l'enseignant recherchait une protection plus complète et immédiate», explique Marie-Hélène Reynal. Les souscriptions ont bondi dès 2008, lorsque la Maif a élargi son contrat, proposé en partenariat avec les Autonomes de Solidarité Laïques. Parmi les options qui séduisent le corps enseignant figurent «le volet assuranciel avec une responsabilité civile professionnelle, mais aussi une protection juridique et des garanties d'assurance corporelle», explique Marie-Hélène Reynal, chef produit marketing chez la Maif.

Pour 40 euros par an, les enseignants victimes ou mis en cause dans des accidents ou des agressions bénéficient d'un soutien moral et psychologique, d'une prise en charge des frais d'hospitalisation, des pertes de revenus subies s'ils ne peuvent pas reprendre le travail, ou encore de remboursement des préjudices esthétiques. «Nous assurons aussi une prise en charge des frais et honoraires d'avocat et des conseils personnalisés en cas de litige», ajoute Marie-Hélène Reynal.

«Les professeurs sont de plus en plus exposés»

Une seule explication à ce phénomène: «une violence de plus en plus présente dans les établissements, entre les élèves, entre les professeurs et leurs élèves mais aussi avec leurs parents. Depuis une dizaine d'années, le respect s'est dilué. Les enseignants n'ont plus le soutien de leur hiérarchie. Leur parole est constamment mise en doute», déplore Olivia Millioz, porte-parole de l'association SOS Education, qui publie sur son site, souffrancedesprofs.com, des témoignages anonymes de professeurs en détresse.

Marie-Hélène Reynal cite en exemple un sociétaire projeté au sol par la mère d'un élève et qui, victime d'un arrêt de travail de sept jours, a porté plainte. «Les professeurs sont de plus en plus exposés et plus rapidement depuis la réforme sur la formation des professeurs qui fait l'objet d'une réflexion à laquelle participe d'ailleurs la Maif. De plus, la société civile est de plus en plus procédurière», constate-t-elle. «Cet accompagnement devient une évidence».

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