Viol et meurtre d'Océane: perpétuité incompressible pour Blondiau

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Nicolas Blondiau, 27 ans, a été condamné mardi par la cour d'assises du Gard à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la plus lourde peine du code pénal, pour le viol et le meurtre de la petite Océane, 8 ans, en novembre 2011 à Bellegarde.

Cette peine de réclusion criminelle à perpétuité incompressible a été introduite par une loi de 1994 et a déjà été prononcée trois fois, dont l'une à l'encontre de Michel Fourniret. Elle implique que la situation du condamné ne pourra être réexaminée qu'après 30 ans d'incarcération par un juge d'application des peines et un collège d'experts, a indiqué l'avocat général.

Cette condamnation, conforme aux réquisitions, a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements dans la salle. De son côté, la défense a annoncé qu'elle allait interjeter appel.

"Le principal c'est qu'il ne ressorte pas, qu'il ne recommence pas", a réagi Jimmy Laforge, le père de la victime. "Il faudrait que cette loi soit plus souvent appliquée (...) pour éviter que des gens comme lui puissent ressortir et recommencer", a lancé la mère d'Océane, Erika Luna. "Je n'ai trouvé aucune circonstance atténuante dans ce dossier. Je requiers le prix du sang versé, le prix de l'innocence volée et violée d'Océane", avait précédemment requis l'avocat général, Michel Desplan .

Le magistrat avait ainsi estimé que l'accusé "mérite" la plus lourde peine du code pénal, expliquant que la société doit "se protéger pour qu'il n'y ait pas d'autres Océane", évoquant "un fort risque de récidive". "Il tue Océane pour l'empêcher de parler", avait affirmé M. Desplan, soulignant un comportement qui "confine à l'ignoble".

Pour la défense, Me Laurence Bourgeon affirmait que Nicolas Blondiau avait "besoin d'avoir une sanction en adhésion avec ce qu'il a fait, avec qui il est. Pas une peine d'élimination". L'avocate rappelait ainsi que "la perpétuité réelle" n'avait été prononcée que trois fois. Selon un autre avocat de la défense, Me Jean-Pierre Cabanes, Blondiau n'est pas "la perversion vivante" pour justifier de "la peine des morts-vivants".

Réponses évasives

Comme lundi, l'accusé, cheveux clairs et coupés ras, barbe de trois jours, était arrivé au tribunal engoncé dans une doudoune anthracite, qu'il n'a pas quittée.

Dans une ambiance toujours tendue, face à la présidente, Geneviève Perrin, Blondiau, debout, ne s'est guère livré sur les circonstances de la mort d'Océane. "Oui", "non", au mieux de temps à autre une phrase, ses réponses sont restées laconiques et évasives.

"J'étais mal dans ma tête", s'est-il excusé, avant d'admettre: "J'ai été pris d'une pulsion meurtrière. Je ne sais pas ce qui m'a pris". "C'est quoi une pulsion?", lui a demandé la présidente sans obtenir de réponse avant de déplorer "Vous dites ce qui vous arrange. Vous n'assumez pas. C'est grave".

Si lundi il avait reconnu le viol, mardi il a tenté, lors de l'interrogatoire au fond, de revenir sur ses déclarations. Un revirement de trop pour les parents, qui ont dû être évacués. "Assume, loque que tu es!", a lancé le père.

"Vous n'avez pas daigné apporter la moindre explication aux parents qui tentent depuis de se lever, de marcher, de vivre", a assené l'avocate des parents, Me Béatrice Lobier-Tupin.

"Ils voulaient être là pour avoir le courage d'affronter son regard mais aussi pour savoir", a ajouté Me Lobier-Tupin qui a raconté l'acharnement durant 25 minutes de Blondiau sur sa victime dont on ne saura jamais, a-t-elle dit, "si (elle) est montée de force ou pas dans la voiture".

Le 5 novembre 2011, vers 18h30, Océane était partie chez un ami de la famille récupérer un jeu vidéo, à 150 mètres de son domicile. Le corps de l'enfant sera retrouvé le lendemain, sur un chemin à 3 km du centre de Bellegarde.

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