Viol en Tunisie : "La honte doit changer de camp"

le
0
Manifestation en faveur de Meriem, violée par des policiers et d'abord accusée d'atteinte à la pudeur.
Manifestation en faveur de Meriem, violée par des policiers et d'abord accusée d'atteinte à la pudeur.

Sept ans de prison et beaucoup de questions. Le jugement en première instance du procès des policiers accusés d'avoir violé Meriem Ben Mohamed en septembre 2012 [1] est tombé tard dans la soirée lundi après une longue journée d'audience. Au-delà de la légèreté des condamnations pour les parties civiles, le déroulement du procès et son issue soulèvent d'autres controverses. Ainsi Slah Oueriemmi, avocat de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, s'est-il insurgé : "Ce n'était pas une affaire ordinaire. Le crime a été commis par des policiers, il fallait être exemplaire. Cette condamnation est atténuée et n'a pas le sens qu'elle devrait." Selon beaucoup d'avocats, les affaires similaires impliquant des "civils" valent aux accusés des peines de dix à quinze ans en moyenne.

Slah Oueriemmi regrette aussi la décision de traiter l'affaire à huis clos à la demande de la défense, et en vertu d'une loi qui protège les forces de l'ordre : "L'implication de policiers qui ont abusé de leur autorité, violé une femme dans leur véhicule de service, lors de leurs heures de travail, tout cela pose des questions qui doivent être débattues en public. Les victimes n'ont pas à se cacher : on veut encourager les femmes à parler."

La victime accusée

Mais, sur ces sujets, la parole des femmes est encore rare, mal assurée. C'est ce que confirme Moufida Missaoui, de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), qui dirige un centre...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant