Vingtième jour de bombardements à Homs en Syrie

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AMMAN/BEYROUTH (Reuters) - Le pilonnage des quartiers sunnites de Homs par l'armée syrienne s'est poursuivi jeudi pour la vingtième journée consécutive et malgré la colère de la communauté internationale après la mort de 80 personnes dont deux journalistes, un Français et une Américaine, la veille.

Des tirs de roquettes, d'obus et de mortier se sont abattus sur les quartiers d'Inshaat et de Bab Amro où les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) semblaient maintenir leurs positions en dépit des intenses bombardements.

Dans le quartier de Khalidiya, les habitants ont été appelés à rester chez eux au moment où des tirs de mortier recommençaient à tomber.

"Tout Homs est secoué par des explosions. Que Dieu ait pitié", a commenté un habitant, Abdallah al Hadi.

La situation humanitaire qui ne cesse de se dégrader à Homs et dans d'autres villes sera au centre des discussions de la réunion des "Amis de la Syrie" qui s'ouvre vendredi à Tunis.

Les Etats-Unis, l'Union européenne, les pays arabes mais également la Turquie et d'autres Etats voisins doivent participer à ce sommet pour demander l'arrêt de la répression menée par le gouvernement de Bachar al Assad.

Cette poursuite des violences intervient au lendemain de la mort du photographe français Rémi Ochlik et de la journaliste américaine Marie Colvin, correspondante du Sunday Times, dans le quartier de Bab Amro.

Les deux journalistes ont été tués lors du bombardement d'une maison que les rebelles avaient transformé en centre de presse improvisé dans ce quartier soumis à des tirs particulièrement nourris.

Le président français Nicolas Sarkozy a qualifié la mort des deux journalistes d'assassinats et a estimé que l'ère de Bachar al Assad devait prendre fin.

Aux Etats-Unis, les candidats à l'investiture républicaine, Mitt Romney et Newt Gingrich, ont apporté leur soutien à l'idée d'armer l'opposition syrienne.

"Nous devons travailler avec l'Arabie saoudite et la Turquie pour dire que nous allons fournir le type d'armement nécessaire pour aider les rebelles en Syrie", a estimé Romney.

La Maison blanche, qui a jusqu'à présent écarté l'hypothèse d'une intervention militaire, a infléchi sa position en jugeant que d'autres options devront être envisagées si une solution politique se révèle impossible.

Selon des groupes d'opposants, une soixantaine de corps, incluant des combattants de l'opposition et des civils, ont été retrouvés dans les environs du quartier de Bab Amro après des bombardements durant l'après-midi. Un peu plus tôt dans la journée, 21 personnes avaient été tuées lors de tirs.

"Des hélicoptères ont effectué une mission de repérage, puis le bombardement a commencé", a dit à Reuters l'opposant Abou Abei. Des images diffusées par des groupes d'opposition montrent des bâtiments éventrés, des artères désertes et des médecins tentant de soigner des civils.

Des habitants craignent que Homs ne subisse le même sort que Hama il y a trente ans, lorsqu'une rébellion avait été matée dans le sang par Hafez al Assad, le père de Bachar, faisant 10.000 morts.

Khaled Yacoub Oweis et Angus MacSwan; Pierre Sérisier pour le service français

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