Vingt-sept morts dans des affrontements à Tripoli, en Libye

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VIOLENCES À TRIPOLI, EN LIBYE
VIOLENCES À TRIPOLI, EN LIBYE

par Ulf Laessing et Hani Amara

TRIPOLI (Reuters) - Des affrontements entre des miliciens et des habitants de Tripoli ont fait vendredi 27 morts et 235 blessés, a déclaré le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, qui a exigé le départ de toutes les milices armées de la capitale libyenne.

Les violences ont éclaté quand des miliciens originaires de la ville de Misrata ont ouvert le feu sur des centaines de personnes qui manifestaient pour demander leur départ de la capitale, a constaté un journaliste de Reuters.

La foule scandait alors : "Nous ne voulons pas de milices armées" devant le QG des hommes de Misrata, qui ont affronté à deux reprises la semaine dernière une unité combattante rivale à Tripoli.

"La manifestation était pacifique et avait été autorisée par le ministère de l'Intérieur, puis les manifestants ont été la cible de coups de feu alors qu'ils pénétraient dans le quartier de Gharghour", où est installée la milice de Misrata, a déclaré Ali Zeidan dans une interview à Reuters TV et à la chaîne de télévision libyenne Ahrar.

"Il y a 27 martyrs et 235 blessés", a-t-il ajouté.

Les miliciens ont tiré sur la foule au canon antiaérien. Les manifestants se sont repliés puis sont revenus lourdement armés et ont attaqué le bâtiment, dans lequel étaient retranchés les miliciens de Misrata après la tombée de la nuit.

Plusieurs dizaines de soldats dans des camions de l'armée se sont déployés pour tenter de séparer les deux camps et boucler le quartier.

Deux ans après la chute de Mouammar Kadhafi, le gouvernement libyen peine toujours à imposer son autorité et les différentes milices issues de la révolution refusent d'être désarmées malgré leur affiliation aux forces de sécurité gouvernementales.

Il y a une semaine, de violents affrontements à l'arme lourde entre groupes rivaux ont fait trois morts à Tripoli.

En juin, des affrontements entre milices rivales avaient fait une quarantaine de morts à Benghazi, dans l'est du pays. Malgré l'envoi de renforts, les attentats sont quasi quotidiens dans la capitale de la Cyrénaïque, deuxième ville de Libye.

Jeudi encore, deux officiers y ont été abattus.

Ali Zeidan a lui-même été brièvement enlevé en octobre à Tripoli par des hommes issus d'une milice affiliée aux autorités.

"L'existence d'armes en dehors de l'armée et de la police est une chose dangereuse", a dit le Premier ministre vendredi. "Toutes les milices armées doivent quitter Tripoli, sans exception."

Avec Feras Bosalum, Tangi Salaün, Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français

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  • M3182284 le vendredi 15 nov 2013 à 23:49

    Trabajo Mauro, comme on dit en espagne