Vingt à trente civils tués dans des attaques en Centrafrique-Onu

le
0
 (Actualisé avec précisions) 
    par Serge Léger Kokopakpa 
    BANGUI, 15 mai (Reuters) - Des centaines de civils ont 
trouvé refuge dans une mosquée de Bangassou, en Centrafrique, 
frappée par des attaques de miliciens chrétiens anti-balaka, qui 
ont tué 20 à 30 civils, ont annoncé dimanche des responsables de 
l'Onu et des travailleurs humanitaires. 
    Des centaines de miliciens ont participé aux attaques sur la 
ville du sud-est du pays au cours du week-end, qui paraissaient 
dirigées contre la communauté musulmane, ont ajouté ces 
responsables. 
    Un camp de l'Onu a également été visé, et des troupes 
supplémentaires ont été déployées à Bangassou en prévision de 
nouvelles attaques, après une semaine de violences qui a coûté 
la vie à six casques bleus. 
    Les soldats sont parvenus à rétablir le calme sur une partie 
de la ville dans la soirée, a précisé Hervé Verhoosel, 
porte-parole de la mission de l'Onu en Centrafrique (Minusca). 
    "La situation est extrêmement déplorable et nous faisons 
tout pour reprendre rapidement le contrôle de Bangassou", a 
déclaré le chef de la mission, Parfait Onanga-Anyanga, lors 
d'une interview à Reuters. 
    Interrogé sur le nombre de victimes civiles , il a dit 
"envisager des chiffres qui pourraient facilement atteindre 20 à 
30" décès. Nombre de combattants sont des enfants soldats qui 
semblent sous l'emprise de drogues, a-t-il ajouté.  
    Selon le président de la mission locale de la Croix rouge, 
Antoine Mbao Bogo, les fusillades continuaient dimanche, 
empêchant de porter secours aux blessés et de récupérer les 
corps des victimes. 
    La région de Bangassou, frontalière de la République 
démocratique du Congo, avait jusqu'à présent été relativement 
épargnée par les violences dans lesquelles la Centrafrique s'est 
enfoncée en 2013. 
    Mais la situation s'est brutalement dégradée cette semaine 
après l'attaque d'un convoi de l'Onu dans laquelle cinq casques 
bleus ont été tués. 
    Selon les travailleurs humanitaires, les milices constituées 
sur fond de rivalités ethniques et religieuses ont tiré avantage 
du départ, au cours des derniers mois, des soldats français et 
ougandais qui étaient déployés dans la région à la fin de leur 
mission. 
    Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, s'est dit 
"scandalisé" par les attaques contre la Minusca. 
    Le Premier ministre centrafricain, Simplice Sarandji, a 
condamné ces attaques dans un communiqué lu dimanche à la radio 
d'Etat et promis que leurs auteurs auraient à rendre des comptes 
devant la justice.  
      
 
 (avec Emma Farge à Dakar; Tangi Salaün et Julie Carriat pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant