Vinci vise des marges et un CA stables en 2012

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VINCI PRÉVOIT UNE MARGE OPÉRATIONNELLE STABLE EN 2012
VINCI PRÉVOIT UNE MARGE OPÉRATIONNELLE STABLE EN 2012

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Vinci a annoncé mardi s'attendre à une stabilisation de sa marge opérationnelle en 2012 à son niveau de 2011, dans un contexte de stagnation attendue de l'activité imputable aux incertitudes économiques en Europe.

Le numéro un mondial du BTP et des concessions a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 36,96 milliards d'euros, supérieur au consensus de sept analystes qui donnait 36,41 milliards d'euros.

Le CA du groupe a augmenté de 10,7%, une hausse supérieure à la progression "de l'ordre de 7%" qu'il anticipait jusqu'à présent.

Le résultat opérationnel sur activité (ROPA) du groupe a augmenté quant à lui de 6,6% à 3,66 milliards d'euros, conformément au consensus, et donne une marge de 9,9%.

"Le taux de marge ROPA/CA s'établit à 9,9% du chiffre d'affaires, contre 10,3% en 2010. Cette évolution résulte de l'augmentation du poids de la branche contracting dans le total ('effet mix')", a expliqué Vinci dans un communiqué.

L'activité contracting regroupe la construction et l'énergie, l'un des deux grands métiers de Vinci à côté des concessions, notamment autoroutières (ASF, Escota, Cofiroute et Arcour).

Le premier pôle représente 85% du chiffre d'affaires mais 39% seulement du résultat opérationnel, d'où l'ambition du groupe de renforcer le poids des concessions dans son activité en rachetant des affaires existantes, notamment des actifs aéroportuaires.

Vinci était sur les rangs pour les aéroports mis en vente par l'allemand Hochtief, mais ce dernier a récemment suspendu l'appel d'offres en raison de la crise grecque - Hochtief veut vendre notamment l'aéroport d'Athènes. Selon des sources proches du dossier, il serait maintenant bien placé pour prendre 40% du premier opérateur d'aéroports turc, TAV Havalimanlari.

INCERTITUDE EN EUROPE

Pour 2012, le groupe envisage "au minimum une stabilisation de son activité" dans un contexte marqué par des perspectives de croissance économique plus incertaines en Europe et la possibilité d'un ralentissement des prises de commandes sur le continent dans certains segments ou dans certaines zones géographiques.

Fin janvier, le PDG, Xavier Huillard, avait indiqué à Reuters que les prises de commandes en France pourraient être moins vigoureuses sur les prochains mois en raison d'interrogations sur le financement des collectivités.

"Le groupe reste confiant et se fixe l'objectif de maintenir ses taux de marges opérationnelles par rapport aux bons niveaux atteints en 2011", a poursuivi Vinci.

Il compte pour cela sur une légère progression des recettes de péage et aborde l'année avec un carnet de commandes de 30,6 milliards d'euros dans le contracting, en hausse de 18% et à son plus haut niveau historique.

"La position vigoureuse du carnet de commandes vient étayer leurs prévisions", commente un analyste du secteur sous couvert d'anonymat. "De manière générale, leurs commentaires sur 2012 sont rassurants; nous pensons qu'au cours actuel, l'action est intéressante et que ces chiffres devraient entraîner demain une réaction positive à la Bourse."

Avant cette publication, l'action du groupe a clôturé à 36,83 euros (-0,37%), donnant une capitalisation boursière de 20,87 milliards. Depuis le début de l'année, le titre a progressé de 9,1% après avoir abandonné 17% en 2011.

Vinci, qui a dégagé l'an dernier un résultat net, part du groupe, de 1,9 milliard d'euros (+7,2%), se propose de verser un dividende de 1,77 euro par action (+6,0%) au titre de l'exercice écoulé.

Sa dette nette du groupe, héritée en grande partie de l'acquisition des autoroutes françaises lors de leur privatisation en 2005, a baissé l'an dernier de 3,6% à 12,59 milliards d'euros.

Avec Elena Berton, édité par Marc Angrand

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