Vinci écarte les façades made in France pour sa dernière tour

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Les façadiers français dénoncent le choix de Vinci de leur avoir préféré un sous-traitant turc pour la réalisation des façades vitrées de la tour Saint-Gobain, située à La Défense.

Décidément, Vinci fait beaucoup parler de lui ces dernières heures. Après avoir été victime d’une attaque de pirates informatiques, le groupe de BTP est au cœur d’une nouvelle polémique: les entreprises françaises de menuiseries en aluminium affirment avoir été «évincées» de la réalisation des façades vitrées de la tour Saint-Gobain à La Défense.

Vinci, choisi au détriment de Bouygues pour construire cette tour de 38 étages, leur aurait préféré un sous-traitant turc, l’entreprise Metal Yapi en l’occurrence. «Les raisons de ce choix: des prix anormalement bas!», dénonce la SNFA, qui représente 185 entreprises qui conçoivent, fabriquent et installent des menuiseries aluminium (vérandas, fenêtres, façades).

La société de menuiseries métalliques «ne dispose en France que d’un établissement (à Bonneuil-sur Marne, dans le Val-de-Marne) de moins de cinq personnes qui n’est même pas affilié à la convention collective du bâtiment», affirme la SNFA. «Pour nous, il est impossible de travailler, en respectant toutes les règles, dans les conditions financières imposées par les entreprises générales», de grands groupes de BTP et leurs filiales, a déclaré à l’AFP son délégué général Jean-Luc Marchand. Nos façadiers vont mourir». Quelque 25.000 m² de façades vitrées doivent être réalisées sur le chantier de cette tour, conçue par le cabinet d’architecte français Valode et Pistre, dont la livraison est prévue pour le troisième trimestre 2019.

Le précédent de la tour Carpe Diem

Metal Yapi avait déjà défrayé la chronique en 2004 sur le chantier de construction du siège du journal Le Monde. L’Urssaf et la CGT avaient mis en cause les conditions de travail de certains salariés employés par l’entreprise turque, filiale à l’époque de Bouygues. Ce à quoi Martin Bouygues, le PDG du groupe éponyme, avait répondu: «La vérité, c’est qu’il n’y avait rien, Metal Yapi est une entreprise turque tout ce qu’il y a de plus légal, qui a pignon sur rue, qui emploie des travailleurs turcs qui ont travaillé en France».

Cette nouvelle polémique autour de Vinci n’est pas sans rappeler celle concernant une autre tour, située elle aussi à La Défense, à savoir Carpe Diem qui a été livrée en septembre 2013. Eiffage, dont l’une des filiales avait participé à l’appel d’offres, affirmait à l’époque que la façade de ce gratte-ciel de 162 mètres de haut avait été confiée à la société chinoise Yuanda. L’assureur Aviva, qui a fait construire la tour, avait répondu que seules les tubulures métalliques qui la soutiennent avaient été réalisées par l’entreprise.

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