Vincent Verheyde (Finance SA) : « Je commence à réinvestir sur certaines valeurs cycliques »

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Au regard de certains indicateurs avancés, des valeurs cycliques commencent à redevenir attractives selon Vincent Verheyde, gérant chez Finance SA.

Vous avez en charge la gestion de trois fonds : Finance Réaction (actions France), Finance Europe (actions zone euro) et Finance X.O (mixte international flexible). Selon quels principes de gestion ?

Vincent Verheyde : Après une année 2008 catastrophique, les sociétés de gestion et les clients finaux ne peuvent pas se permettre d'affronter une année 2009 du même acabit. Il se trouve qu'une moindre volatilité et la préservation des actifs dans la mesure des contraintes d'investissements sont un peu la marque de fabrique de Finance SA ! Depuis le début de l'année, nos fonds surperforment le marché de 10% à 15%, ce qui justifie pleinement l'adaptation de notre méthodologie de gestion. La sous performance de Finance Réaction en 2008 (-53%) trouve son origine dans une allocation d'actifs trop agressive par rapport au contexte et pour l'autre moitié en raison du décès d'Olivier Machou (dont je salue la mémoire) intervenu début septembre et qui a provoqué des retraits massifs sur le fonds pendant la débacle du mois d'octobre. J'ai donc entrepris un rééquilibrage du portefeuille passant notamment par un désinvestissement contrôlé sur les small&mid caps (à 1/3 du portefeuille) mais ce n'est pas une classe d'actifs à délaisser pour autant.

Croyez-vous aujourd'hui opportun d'investir sur ce segment peu liquide dans une période de deleveraging particulièrement sévère et sans visibilité sur l'avenir ?

V.V : Il faut cesser de toujours stigmatiser les small&midcaps ! Il y a encore des métiers de niche que l'on ne trouve que sur les valeurs moyennes et qui permettent de s'affranchir de la morosité ambiante. On peut citer notamment des pépites comme Meetic, comme 1000Mercis, Heurtey Petrochem, Vilmorin ou Sword .

Gardez-vous une partie cash importante dans vos portefeuilles ?

V.V : En janvier, nous étions investis à 100%. A la mi-février, nous n'étions plus qu'investis à 75% et aujourd'hui nous sommes revenus à 100%. Nous restons extrêmement réactifs sur ce point comme sur notre allocation d'actifs. Nous avions 4% de sociétés financières dans nos portefeuilles au début de l'année, nous sommes passés à zéro suite au rebond du marché et nous sommes actuellement autour de 4,5%.

Comment sélectionnez-vous vos valeurs et lesquelles attirent votre attention en ce moment ?

V.V : Outre des analyses « top down » et « bottom-up » classiques, je regarde les points techniques qui justifient des points d'entrée et de sortie. Un exemple d'opérations réalisées ces derniers mois sur Alstom : je suis entré à 34 euros avant de sortir 1/3 de la position à 45 euros. Je suis revenu à 37 euros et j'ai tout revendu à 43. Je suis enfin revenu en dessous de 35 euros il y a deux semaines. Nous regardons bien entendu les valeurs offrant de la visibilité en terme de chiffre d'affaires mais surtout au niveau des marges. Si l'action Michelin est très pénalisée, il ne faut perdre de vue le fait que le manufacturier devrait dégager en 2009 un free cash flow positif. Nous privilégions les sociétés ayant un bilan assez sain qui permet de générer assez de flux pour rembourser ses dettes sans faire appel au marché.

Dans le match valeurs cycliques contre valeurs défensives, où va votre préférence ?

V.V : Pour la première fois depuis le début de l'année, j'ai commencé à réinvestir la semaine dernière sur les valeurs cycliques. Les dirigeants d'Air Liquide ont clairement laissé entendre qu'ils observaient une inflexion positive depuis fin janvier sur la Chine et les Etats-Unis. Or, je préfère privilégier ce type d'indicateurs avancés plutôt que les indicateurs macroéconomiques. Je suis donc revenu sur Air Liquide mais aussi sur Arcelor, Bureau Veritas et Saint Gobain. Ce dernier bénéficie d'un véritable savoir-faire en matière d'économies d'énergie (nous avons réinvesti via le placement des bons de souscription Wendel). Mais n'oublions pas non plus les grandes valeurs défensives bénéficiant d'une réelle visibilité qu'il faut continuer à détenir : Sanofi, Total, France Télécom ou Vivendi. Rares sont les dirigeants comme Jean-Bernard Lévy, le président de Vivendi, qui peuvent s'engager sur une hausse de leurs marges en 2009.

Propos recueillis par Julien Gautier


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