Vincent Collet : " Nous allons être vite ramenés à la réalité "

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Vincent Collet : " Nous allons être vite ramenés à la réalité "
Vincent Collet : " Nous allons être vite ramenés à la réalité "
Satisfait de l'entame de Mondial de l'équipe de France, Vincent Collet aborde le quatrième match de poule face à l'Espagne mercredi avec beaucoup de prudence. Le coach des Bleus sait que la meilleure équipe d'Europe se dresse face à eux.

Vincent Collet, pensez-vous que l'équipe de France soit en progrès depuis le début de ce Mondial ?
Si ce n'était ce match si particulier qui pourrait doucher notre enthousiasme (ndlr : la France affronte l'Espagne mercredi), je considère que l'on a plutôt progressé. Même si le match d'hier (lundi) ne veut rien dire (ndlr : victoire 94-55 face à l'Egypte), malgré tout, on l'a abordé avec  sérieux et puis, dans le jeu, il y a quand même des choses que l'on développe. De fait, je considère que l'on est plutôt en hausse mais nous allons malheureusement être vite ramenés à la réalité à partir de 22h01, je pense, demain soir (mercredi). Il faut donc beaucoup de prudence et il faut se dire que, quoi qu'il en soit, le Mondial ne sera pas terminé et que, dès le lendemain, il faudra être capable de battre l'Iran qui est bien plus fort que l'Egypte.

C'est un match à grosse pression qui attend l'équipe de France. Comment gérez-vous ce paramètre ?
On ne peut pas y faire grand chose même si on en parle. Effectivement, c'est l'éternel élément qui pèse mais c'est souvent comme ça. Les Espagnols jouent à domicile. Il est vrai que c'est parfois agaçant de voir à quel point ils peuvent contester toutes les décisions mais pour l'instant, visiblement, ça ne gène pas grand monde. C'est comme ça.

La majorité des observateurs voit cette équipe d'Espagne gagner son Mondial...
L'Espagne c'est, clairement, l'équipe qui domine l'Europe. Elle est pour moi dans la lignée de la Yougoslavie des années 90 avant l'éclatement. C'est ce niveau-là. Mais pour moi, il ne faut jamais enterrer l'équipe des Etats-Unis. Tout est question de niveau de jeu. Vous prenez, par exemple, Hettsheimeir. Nous, on l'a vu avant de jouer le Brésil. En préparation, il ne ratait pas un tir. Hier (lundi), il les a tous ratés (ndlr : défaite du Brésil face à l'Espagne 63-82, 0 point pour le pivot brésilien de Malaga). Mais ce n'est pas juste parce qu'il était maladroit, c'est une question d'espace-temps.

« Les Américains n'ont pas les superstars mais ils ont une armée »

Une question d'espace-temps...
On verra, s'il y a cette finale, que l'espace-temps ne sera pas le même contre les Américains. Prenez les installations de systèmes qui sont possibles contre toutes les équipes du monde, elles seront compliquées contre les Etats-Unis. Je n'ai aucun doute sur la stratégie que les Américains emploieront contre l'Espagne. Ils vont les pister partout, les lignes de passes vont être coupées et ils seront alors confrontés à ce qu'ils imposent à leurs adversaires actuellement. Mais, très clairement, en Europe, ils sont au-dessus. En Europe et dans le reste du monde. Ils ont battu le Brésil de 20 points, tout le monde dit que c'est fantastique, qu'ils sont extraordinaires, mais il me semble que les Américains gagnent aussi les matchs de 20 points sauf que là, c'est normal, parce que ce sont les Américains.

Et ce n'est pas normal...
Non, ce n'est pas normal. Ce sont deux équipes hors-norme dans ce tournoi, avec des caractéristiques différentes. Les Américains n'ont pas les superstars mais ils ont une armée qui peut défendre chaque centimètre carré du terrain. Rose, il y a trois ans, il n'était pas jouable, même en NBA alors peut-être qu'il ne sera pas jouable non plus. Ça ne va pas être pareil de mettre la pression sur Huertas (ndlr : meneur brésilien du FC Barcelone), sur Thomas Heurtel, Antoine Diot ou sur Derrick Rose. Tous ces rapports de force vont être différents. Mais, malgré tout, l'Espagne domine l'Europe depuis dix ans et il n'y a pas à débattre sur ce thème-là. En tout cas, lorsque Pau Gasol était là. Lorsqu'il est là, c'est LA grande Espagne.        

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