Vincent Collet : " Garder les pieds sur terre et ne pas changer de mode d'emploi "

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Vincent Collet : " Garder les pieds sur terre et ne pas changer de mode d'emploi "
Vincent Collet : " Garder les pieds sur terre et ne pas changer de mode d'emploi "
Vincent Collet, l'entraîneur de Strasbourg, assuré de finir en tête de la saison régulière de Pro A, et sélectionneur de l'équipe de France, qui prépare l'Euro à domicile, était l'invité de l'Access365 d'Alexandre Delpérier.

Vincent, tout va bien pour vous en moment, avec cette première place assurée en Pro A avant les play-offs…
Pour l’instant, on peut le dire. Mais les play-offs, c’est une autre compétition, et même si on arrive en pole-position, tout va être remis en question. Même avec l’avantage du terrain, il faudra gagner les matchs.

Vous êtes véritablement le patron de la Pro A cette année, y a-t-il eu un cap franchi par rapport à l’an dernier ?
Oui. Je pense qu’on est plus forts, mais malgré tout, le danger existe toujours. C’est comme en Championnat d’Europe ou en Coupe du monde : les matchs de poule, c’est une chose, mais les matchs couperets en sont une autre. Je pense qu’on a toutes nos chances, bien entendu, mais à condition de rester tranquilles, sereins, et de jouer à fond. Il faudra être nous-mêmes pour conserver la petite différence qu’on a su faire avec nos adversaires, et ne pas penser que le plus dur est fait.

Cette grosse victoire contre Nanterre (69-49) mardi peut-il servir de référence ?
Je ne pense pas que ce soit un match référence, parce que Nanterre, très clairement, a joué en-dessous de ce qu’il peut faire. S’il y a eu autant d’écart, c’est autant parce qu’on a fait une belle performance, que parce que Nanterre a été en-dessous de son niveau moyen, en particulier parce que Mouhammadou Jaiteh était parti à Chicago pour préparer l’éventuelle Draft du mois de juin. En plus, leur deuxième intérieur majeur, Kyle Weems, a fait son plus mauvais match de la saison. Si on devait rejouer Nanterre, le match ne se jouerait pas de la même façon.

Allez-vous changer quelque chose dans la préparation de vos matchs, lors de ces play-offs ?
On a déjà commencé, en fait. On n’est premier officiellement que depuis samedi dernier, mais on sait depuis longtemps qu’on sera dans les deux premiers. Ça fait un mois que les entraînements, on ne les dédie pas forcément au prochain match, mais on se prépare déjà pour les phases finales. On pense plus à nous qu’à l’adversaire, pour essayer de grappiller un petit peu en termes de qualité de jeu, d’options défensives. Quand les play-offs vont arriver, on se reconcentrera de nouveau davantage sur nos adversaires. Surtout, le message qu’on essaie de faire passer, c’est d’être dans la concentration. Le danger ce ces matchs couperets, c’est quand les émotions prennent le dessus sur ce qui est rationnel.

Recevoir en play-offs, c’est capital ?
Oui, à condition d’être aussi performant qu’à l’extérieur, ce qui n’était pas le cas sur l’ensemble de la saison. A domicile, on se sent un peu protégé, rassuré. Le fait d’être premier, c’est de la confiance engrangée, c’est une preuve de régularité, de consistance, mais il faut garder les pieds sur terre et ne pas changer de mode d’emploi.

En quoi les deux dernières finales de Pro A perdues, contre Nanterre en 2013 et Limoges en 2014, peuvent-elles vous servir ?
Ce sont des expériences douloureuses, qui laissent forcément des traces, même si elles étaient dans des circonstances différentes. On n’a quasiment plus de joueurs de la finale perdue contre Nanterre, à part Louis Campbell et Axel Toupane, donc on ne peut pas trop se servir de celle-là. On avait gagné le premier match contre Nanterre, et il y avait eu trop d’euphorie, d’enthousiasme dans le club. Aujourd’hui, on a davantage de maturité. Tout le monde nous voit gros comme une maison, mais je sais par expérience que jamais rien n’est fait. Au Mondial l’an passé, l’Espagne était beaucoup plus forte que nous, et si on a gagné, c’était autant par notre performance à nous que leur suffisance à eux.

Parlons maintenant de l’équipe de France. Le forfait de Joakim Noah, c’est embêtant ?
Oui, car c’est un fort joueur. Mais ça l’est moins que ça pouvait l’être en 2011 quand on n’avait pas beaucoup de solutions de remplacement. On pouvait difficilement se passer d’un joueur d’un tel niveau. Aujourd’hui, quand on voit la saison de Rudy Gobert ou, à un degré moindre, d’Alexis Ajinça, de (Kevin) Séraphin ou de quelques autres, on a des solutions. On a aussi des joueurs qui ont émergé sur le secteur extérieur, comme Nando de Colo, Evan Fournier, Thomas Heurtel, on peut vraiment penser qu’on va avoir une équipe compétitive. Je suis persuadé que mon équipe va être forte, mais je sais aussi qu’il y en a quelques autres qui vont être très fortes également. Tous les joueurs ont envie de jouer à domicile, le staff également, mais on sait que ça amène une pression supplémentaire.

Avez-vous hâte de découvrir le stade de Lille ?
Oui, bien sûr, on en rêve tous. J’ai envie de le découvrir et de voir ce stade avec une équipe de France qui gagne devant 27 000 personnes.

L’Access365 est présenté par Alexandre Delpérier du lundi au jeudi de 18h à 19h30 et de 19h30 à 21h.

Sport365 est disponible sur Orange (canal 89), Free (canal 140), Numéricable (canal 157), Canal Sat (canal 124), SFR (canal 74) et Bouygues Telecom (canal 63)

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