Villes et lutte contre le réchauffement: de bons élèves, et des moins bons

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Le maire de Mexico Miguel Angel Mancera (D) et la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors du sommet du Cities 40 (C40) à Mexico lle 30 novembre 2016 ( AFP / )
Le maire de Mexico Miguel Angel Mancera (D) et la maire de Paris, Anne Hidalgo, lors du sommet du Cities 40 (C40) à Mexico lle 30 novembre 2016 ( AFP / )

Les villes, source de 70% des gaz à effet de serre, ont un rôle clé à jouer contre le dérèglement du climat. Certaines, réunies cette semaine à Mexico, sont aux avant-postes du combat, quand d'autres restent à la traine.

Voici quelques exemples:

- Chongqing, la pollution dans le viseur -

La pollution a largement poussé la Chine à s'engager contre le réchauffement.

Ainsi Chongqing (sud-ouest), où 18 millions d'habitants suffoquent dans un air vicié par les rejets industriels (acier, aluminium, automobile etc), veut encourager les énergies vertes, qu'elle veut faire passer à 15% de sa consommation d'ici à 2020, objectif très ambitieux.

Depuis 2013, un programme de rachat des véhicules les plus polluants a permis d'en retirer des dizaines de milliers des rues de la ville, selon la mairie. Les diesels les plus toxiques ont été bannis du centre.

Zhou Jie, une femme de 28 ans employée dans la publicité, confie son inquiétude face à la pollution et au réchauffement, dans cette "fournaise du Yangtsé": "je suis prête à un mode de vie plus écologique si le gouvernement le demande et verse des subventions", dit-elle.

- Lagos, grands besoins et grands retards -

Dans la capitale nigériane, flotte souvent une odeur d'essence provenant de la circulation automobile et des groupes électrogènes lancés à plein régime pendant les fréquentes coupures de courant.

Pourtant, malgré sa population en plein boom (20 millions d'habitants) et sa côte soumise à l'érosion, Lagos a encore peu fait pour s'attaquer au changement climatique.

"Le fossé est souvent grand entre les projets et leur mise en oeuvre," constate Ademola Omojola, professeur de géographie à l'Université de Lagos: "la capacité à gérer ça localement manque".

Sans alternatives "vertes", la population se tourne vers les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), sources du réchauffement.

En 2015, l'ancien gouverneur annonçait la création de près de 200 parcs, mais beaucoup ne sont depuis plus entretenus.

Lancée par des hommes d'affaires, une ville nouvelle de 10 km2 destinée à un demi-million de personnes est en construction près de Lagos sur l'Atlantique, sur des tonnes de sable draguées au fond de l'océan.

Surnommée la "Dubaï de l'Afrique", Eko Atlantic City aura un mur de 8 km pour contrer l'érosion. Une destination cependant inabordable pour de nombreux Nigérians, qui dénoncent déjà un "Apartheid du climat".

- Vancouver en vert -

A l'opposé, Vancouver (600.000 habitants) s'active depuis une dizaine d'années: -20% d'émissions issues des bâtiments, -23% de déchets en décharge.

En 2015, la grande ville portuaire de l'ouest canadien, confrontée au risque d'élévation des océans et de tempêtes accrues, s'est fixé un objectif de 100% d'énergies renouvelables d'ici 2050. La production électrique de la province est déjà à 93% renouvelable (essentiellement par centrales hydro-électriques).

Secteurs forestiers et miniers restent les principales industries, mais la ville tente d'attirer des activités moins polluantes et de services comme la high-tech et la production cinématographique.

La plupart des habitants revendiquent leur attachement à un environnement préservé. C'est aussi une clé pour le tourisme local, une activité très importante largement basée sur le patrimoine naturel de la région.

- Los Angeles, bien des défis -

En dépit d'une amélioration, l'air de Los Angeles reste un des plus pollués des États-Unis. Mais cela pourrait changer car la Californie a mis en place une stratégie parmi les plus ambitieuses au monde.

Le gouverneur, Jerry Brown, considère le changement climatique comme la "menace existentielle de notre temps" et a fixé à l’État un objectif de réduction de 40% des gaz à effet de serre (GES) d'ici 2030 par rapport au niveau de 1990.

L’État vise 50% d'électricité issue de renouvelables d'ici 2030 (solaire et éolien) et 3/4 des déchets devront être recyclés d'ici 2020.

A Los Angeles même, l'instauration de normes d'émissions plus strictes pour les véhicules devrait participer aux progrès. Mais d'autres défis s'annoncent, en particulier l'élévation de 2,8°C de la température moyenne d'ici la moitié du siècle.

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