Vifs échanges entre Clinton et Trump lors de leur premier débat

le , mis à jour à 06:16
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 (Supprime mention de date au dernier paragraphe) 
    * La démocrate dénonce le comportement raciste de son rival 
    * Chacun accuse l'autre de mentir et déformer les faits 
    * Les marchés asiatiques donnent l'avantage à Clinton 
 
    par John Whitesides et Steve Holland 
    HEMPSTEAD, New York, 27 septembre (Reuters) - Hillary 
Clinton a dénoncé le comportement raciste de son adversaire 
Donald Trump lundi au cours d'un premier débat télévisé marqué 
par des échanges houleux.  
    La candidate démocrate et son rival républicain se sont 
interrompus à de nombreuses reprises sur l'économie ou la 
politique étrangère lors de ce premier duel en vue de l'élection 
présidentielle américaine du 8 novembre, modéré par le 
journaliste de NBC News Lester Holt.  
    L'ancienne secrétaire d'Etat et le magnat de l'immobilier se 
sont notamment renvoyé la responsabilité d'une controverse 
alimentée pendant des années par Donald Trump sur le fait de 
savoir si Barack Obama était né aux Etats-Unis. 
    Le président, né à Hawaï, a publié un long certificat de 
naissance en 2011 pour clore la polémique mais ce n'est que ce 
mois-ci que Donald Trump a publiquement admis qu'il pensait 
qu'Obama était bien né aux Etats-Unis. 
    "(Donald Trump) a réellement entamé son activité politique 
sur ce mensonge raciste selon lequel notre premier président 
noir n'était pas un citoyen américain. Il n'y avait absolument 
aucune preuve de cela. Mais il a persisté. Il a persisté année 
après année", a déclaré Hillary Clinton. 
    Ce à quoi le milliardaire a répondu en réitérant une fausse 
accusation selon laquelle cette controverse avait été lancée par 
l'équipe de campagne de Clinton, battue par Obama lors des 
primaires démocrates de 2008. "Je suis celui qui l'a contraint à 
montrer ce certificat de naissance et je pense avoir fait du bon 
travail", a ajouté Donald Trump.  
    Les électeurs afro-américains soutiennent massivement la 
candidature de Hillary Clinton d'après les sondages, même si 
Trump fait depuis plusieurs semaines des appels du pied en 
direction de cette minorité, en accusant Obama comme Clinton de 
n'avoir rien fait pour aider les Noirs américains.  
     
    RUISSELLEMENT TRUQUÉ 
    Sur tous les sujets, chaque candidat a accusé l'autre de 
déformer les faits et invité les téléspectateurs, attendus très 
nombreux pour ce duel organisé à l'université Hofstra, près de 
New York, à vérifier ses propos sur internet. L'une appelait son 
rival "Donald", l'autre "secrétaire Clinton". 
    Le débat, d'une durée de 90 minutes, était divisé en trois 
thèmes (économie, vision du pays, sécurité). 
    Sur l'économie, Hillary Clinton a attaqué la politique 
fiscale de son adversaire, qui prône une baisse d'impôts 
massive.  
    "Ce que propose Donald, c'est une économie du ruissellement 
à nouveau", a déclaré Hillary Clinton par allusion à la théorie 
voulant que les revenus des plus riches profitent à l'ensemble 
de l'économie. "Et ce serait sa version la plus extrême", a 
poursuivi la candidate démocrate, "la plus forte baisse d'impôts 
pour les personnes les plus riches de ce pays que nous ayons 
jamais connue. Je l'appelle le ruissellement truqué 
("trumped-up")", a dit l'ex-secrétaire d'Etat, vêtue d'un 
tailleur rouge.  
    Son adversaire, costume sombre et cravate bleue, a 
contre-attaqué sur les accords de libre-échange défendus par 
Hillary Clinton, l'accusant d'avoir l'intention d'approuver le 
Partenariat transpacifique tout en feignant de s'y opposer. 
"Nous devons empêcher qu'on nous vole nos emplois", a déclaré le 
magnat de l'immobilier.  
    "J'ai le sentiment que je vais être jugée responsable de 
tout", a plaisanté Hillary Clinton, ce à quoi son adversaire a 
rétorqué: "Pourquoi pas?" 
     
    LES IMPÔTS DE TRUMP, LES COURRIELS DE CLINTON 
    Un autre moment de tension entre les deux candidats a porté 
sur les déclarations d'impôts de Trump. Clinton a critiqué le 
fait que le milliardaire n'ait toujours pas publié l'ensemble de 
ses déclarations d'impôts, estimant que cela faisait douter du 
caractère charitable dont il aime à se prévaloir. 
    Elle a également souligné que les quelques déclarations 
d'impôts publiées montraient qu'en dépit de sa richesse, Donald 
Trump n'avait jamais payé d'impôt fédéral.  
    "Cela prouve que je suis malin", a répondu Donald Trump. 
"J'ai des revenus incroyables", a-t-il ajouté, soulignant comme 
il le fait depuis son entrée en lice aux primaires républicaines 
il y a plus d'un an que les Etats-Unis ont besoin d'un homme qui 
s'y connaît sur les questions d'argent.  
    Il a également promis qu'il publierait ses déclarations 
d'impôts quand l'ex-secrétaire d'Etat publierait tous les 
courriers électroniques envoyés depuis sa messagerie privée 
lorsqu'elle était au département d'Etat, entre 2009 et 2013, 
allusion au scandale des emails qui poursuit la candidate 
démocrate depuis des mois.  
    Hillary Clinton a aussi attaqué son adversaire sur le fait 
qu'il n'avait pas payé certaines sociétés avec lesquelles son 
groupe a passé des contrats. Donald Trump a expliqué que leur 
travail n'était pas à la hauteur. 
    Les sondages montrent que les deux candidats disputent une 
course serrée, la dernière enquête d'opinion Reuters/Ipsos 
donnant quatre points de pourcentage d'avance à Hillary Clinton. 
    Si le scrutin présidentiel était organisé lundi, l'ancienne 
secrétaire d'Etat obtiendrait 259 grands électeurs, contre 191 
pour Donald Trump, et aurait 88% de chances d'atteindre le seuil 
de 270 grands électeurs nécessaire pour l'emporter, montre 
cependant l'enquête Reuters/Ipsos "States of the Nation" publiée 
lundi, qui s'appuie chaque semaine sur un sondage auprès de plus 
de 15.000 Américains.      
    Sur les marchés, les investisseurs semblent avoir jugé 
Hillary Clinton meilleure que Donald Trump.  
    "Il y a une chose qu'on appelle le thermomètre Trump", a 
déclaré David Bloom, stratège de changes pour HSBC. "Si vous 
voulez savoir qui a gagné le débat présidentiel, n'allez pas sur 
Twitter ou Facebook. Regardez juste le cours du peso mexicain 
face au dollar."  
    Le peso a grimpé de 0,7%, s'éloignant de son plus bas niveau 
historique touché ces derniers jours face à la crainte qu'une 
présidence Trump menace les exportations du Mexique vers les 
Etats-Unis, son plus grand marché.  
    Deux autres candidats à la présidence, le libertarien Gary 
Johnson et la candidate écologiste Jill Stein, n'ont pu 
participer à ce débat en raison d'intentions de vote trop 
faibles dans les sondages, a annoncé la commission des débats 
présidentiels. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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