Vienne s'oppose à l'élargissement des discussions avec Ankara

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    VIENNE, 7 août (Reuters) - Le ministre autrichien des 
Affaires étrangères menace de bloquer l'ouverture de nouveaux 
chapitres dans les négociations d'adhésion de la Turquie à 
l'Union européenne.  
    "J'ai un siège et une voix au conseil des ministres des 
Affaires étrangères (de l'UE). La question se pose de savoir si 
de nouveaux chapitres de négociation seront ouverts avec la 
Turquie, et je suis contre", déclare le conservateur Sebastian 
Kurz dans une interview parue dimanche dans le quotidien Kurier. 
    Le ton monte depuis plusieurs jours entre Vienne et Ankara, 
l'Autriche souhaitant débattre avec les pays membres de l'UE de 
l'opportunité de poursuivre les discussions d'adhésion en raison 
des purges massives opérées par le pouvoir turc depuis le putsch 
raté du 15-16 juillet.   
    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude 
Juncker, a écarté l'idée, jugeant que la poursuite des 
discussions constituait un moyen de pression sur Ankara. 
  
    La Turquie a répliqué aux interrogations autrichiennes sur 
les "déficiences démocratiques et économiques" en taxant 
l'Autriche de "capitale du racisme radical", allusion à la forte 
présence de l'extrême droite dans le pays. 
    Le Parti de la Liberté (FPÖ), dont le candidat à la 
présidentielle Norbert Hofer a des chances de l'emporter en 
octobre, est en tête des sondages avec plus de 30% d'intentions 
de vote et s'oppose de manière véhémente à l'entrée de la 
Turquie dans l'UE.  
    Le refroidissement des relations entre le président turc 
Recep Tayyip Erdogan et les pays de l'UE depuis la tentative de 
coup d'Etat risque de mettre en cause l'application de l'accord 
entre l'UE et la Turquie. 
    Ankara a accepté en mars dernier d'empêcher les départs de 
migrants et réfugiés vers l'UE à partir de son territoire en 
échange d'une aide financière et de la promesse pour les 
ressortissants turcs de voyager sans visa dans l'Union.  
    Mais l'UE retarde l'assouplissement du régime des visas en 
réclamant une révision de la législation antiterroriste, que 
refuse le pouvoir turc.  
    "La Turquie a quant à elle déjà déclaré qu'elle ne 
souhaitait pas remplir tous les critères. En conséquence, 
l'accord sur la crise migratoire ne durera pas", prédit 
Sebastian Kurz dans une autre interview au journal Österreich.  
 
 (Francois Murphy; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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