Vidéosurveillance : des autistes filmés à leur insu en Seine-et-Marne

le , mis à jour à 08:26
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Vidéosurveillance : des autistes filmés à leur insu en Seine-et-Marne
Vidéosurveillance : des autistes filmés à leur insu en Seine-et-Marne

Des patients fragiles, espionnés 24 heures sur 24 jusque dans leur chambre. Des familles à qui personne n'a rien dit. Des scènes de la vie quotidienne, parfois intimes, enregistrées sans raison médicale et que chaque salarié de cette structure spécialisée pouvait — peut encore ? — visionner à souhait...

 

C'est une forme grave de maltraitance que le Défenseur des droits s'apprête à dévoiler dans une décision que « le Parisien » - « Aujourd'hui en France » a pu consulter. Les faits dénoncés par la mère de l'un des résidents de la maison d'accueil spécialisée pour autistes (MAS) Vercors, en Seine-et-Marne ont semblé suffisamment inquiétants pour qu'après plusieurs demandes d'explication restées sans suite, le Défenseur y dépêche ses enquêteurs en mars 2016.

 

Ce qu'ils découvrent alors dans cette petite structure hébergeant des autistes semble assez effrayant. Couloirs, chambres... voilà des années que des caméras ont été installées partout. A aucun moment, les familles n'ont été prévenues. Rien dans la charte d'accueil des résidents. Pas de panneau d'affichage, ni de document spécifiant l'intérêt de ces caméras. Les salariés ne sont ni informés ni formés. En théorie, explique un ancien éducateur, les caméras étaient là pour « intervenir rapidement, notamment dans les cas de grande épilepsie ». Les faits contredisent cette explication : « Le personnel de nuit qui avait devant lui les écrans ou le personnel éducatif qui faisait les transmissions ne nous remontaient jamais d'informations sur les crises qui avaient eu lieu. »

 

Intimité des patients mise à mal

 

Il y a plus gênant : la pièce de visionnage, appelée « salle des éducateurs », est accessible à tous. L'écran mosaïque sur lequel les images des 12 chambres peuvent être visionnées est en accès libre, que ce soit en direct ou en différé.

 

L'intimité des patients est en ...

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