Victor Ponta en tête du 1er tour de la présidentielle roumaine

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LE PREMIER MINISTRE ROUMAIN EN TËTE DU PREMIER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE LE PREMIER MINISTRE ROUMAIN EN TËTE DU PREMIER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE
LE PREMIER MINISTRE ROUMAIN EN TËTE DU PREMIER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE LE PREMIER MINISTRE ROUMAIN EN TËTE DU PREMIER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE

par Radu-Sorin Marinas et Luiza Ilie

BUCAREST (Reuters) - Le Premier ministre roumain Victor Ponta est en passe d'accéder à la présidence du pays dans deux semaines et de renforcer ainsi la domination du Parti social-démocrate sur les institutions, au point de susciter des interrogations sur l'indépendance de la justice et des médias.

D'après les premiers résultats, Victor Ponta, 42 ans, un ancien procureur devenu il y a deux ans le plus jeune chef de gouvernement de l'Union européenne, devance son adversaire le plus proche, le chrétien-libéral Klaus Iohannis, issu de la minorité allemande et maire de la ville de Sibiu, en Transylvanie.

Le candidat du Parti social-démocrate rassemble 39,6 % des voix, contre 30,2 % pour son principal concurrent, alors que les résultats de 56 % des bureaux de votes ont été comptabilisés. Le taux de participation s'élève à 52,6 %.

Les deux candidats devraient ainsi s'affronter lors du second tour prévu le 16 novembre.

"Je me sens extrêmement fier et je remercie les Roumains qui ont fait confiance à mon projet après dix ans de mensonges et de divisions", a déclaré Victor Ponta dans une déclaration télévisée au siège de son parti dimanche soir, visant sans le nommer le président sortant Traian Basescu, en poste depuis 10 ans et atteint par la limite des mandats, avec lequel il a vécu une cohabitation houleuse.

La tentative de Victor Ponta de destituer Traian Basescu en 2012 lors d'un référendum lui avait valu de vives critiques dans l'UE et avait eu pour effet de faire baisser le leu, la monnaie nationale.

Une victoire de Victor Ponta dans deux semaines pourrait assurer une stabilité accrue à la Roumanie et à ses 20 millions d'habitants, éprouvés ces dernières années par la récession et des coupes dans les dépenses publiques sous la houlette du Fonds monétaire international (FMI).

Le Premier ministre a bâti sa popularité notamment en assouplissant certaines des mesures d'austérité imposées durant la récession de 2009-2010. Il a ainsi annulé une partie des baisses des pensions de retraite et des salaires de la fonction publique décidées par le gouvernement précédent.

PONTA ACCUSÉ DE VOULOIR "TOUT CONTRÔLER"

Il a également réduit la TVA sur certains produits, dont le pain, abaissé les cotisations salariales et promis de revaloriser une nouvelle fois les retraites l'an prochain.

Durant la campagne, Basescu a accusé Ponta d'avoir été espion dans les années 1990. Le beau-père de l'actuel Premier ministre et plusieurs cadres du Parti social-démocrate, issu du Parti communiste, ont été visés pour leur part par des accusations de corruption et de confiscation de terres.

Certains observateurs redoutent qu'avec l'effacement de Basescu, une forme d'équilibre des pouvoirs disparaisse et que Ponta se retrouve seul au volant d'un pays qui tarde à mettre en oeuvre les réformes en matière de lutte contre l'évasion fiscale, le travail au noir ou les discriminations à l'encontre des minorités hongroise et Roms.

"Victor Ponta veut tout contrôler, dont les médias, c'est ma crainte principale", explique l'analyste politique Mircea Marian. "Je pense qu'il s'attaquera également au parquet anti-corruption", ajoute-t-il, le comparant au chef du gouvernement hongrois Viktor Orban, accusé par l'Union européenne et les Etats-Unis d'entraver la démocratie et la liberté d'expression.

Constitutionnellement, les fonctions du président de la Roumanie sont surtout cérémoniales mais le chef de l'Etat exerce aussi une influence politique réelle: c'est lui qui nomme le Premier ministre, les juges et les procureurs et il peut bloque des propositions gouvernementales.

"Alors que l'élection de Victor Ponta à la présidence diminuerait les tensions qui existent actuellement entre les deux branches de l'exécutif, elle renforcerait également le mainmise des sociaux-démocrates sur le pouvoir et poserait des questions concernant la poursuite de la réforme du système judiciaire", estime Paul Ivan, analyste politique du Centre politique européen (EPC) basé à Bruxelles.

(Agathe Machecourt, Henri-Pierre André et Marc Angrand pour le service français)

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