Victoire du "oui" à Notre-Dame-des-Landes

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    * Une participation de plus de 51% 
    * L'avis est consultatif mais l'Etat a promis de le suivre 
    * "Le gouvernement fera appliquer le verdict des urnes", 
annonce Valls 
    * Les opposants "zadistes" veulent continuer la lutte 
 
 (Actualisé avec réaction de Manuel Valls § 5-6-7-16) 
    par Guillaume Frouin 
    NANTES, 27 juin (Reuters) - Le "oui" au transfert de 
l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, au nord de 
l'agglomération, l'a emporté dimanche lors de la consultation de 
la population de Loire-Atlantique que le gouvernement s'est 
engagé dans la foulée à "faire appliquer".  
    Selon les résultats définitifs communiqués par la 
préfecture, les partisans du projet ont recueilli 55,17% des 
voix, avec une participation de 51,08%.  
    Sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, le "non" est arrivé 
en tête avec 73,57% des 1.150 suffrages exprimés. Mais dans une 
des deux communes qui accueillent l'actuel aéroport, 
Saint-Aignan-de-Grandlieu, la proportion est pratiquement 
inversée. 
    Quelque 967.000 électeurs du département étaient appelés à 
donner leur avis. Un avis "consultatif" selon la loi mais que 
François Hollande et Manuel Valls se sont engagés à suivre. 
    "Le gouvernement fera appliquer le verdict des urnes", a 
réagi le Premier ministre qui souligne que "la démocratie a 
parlé" et souligne le "taux exceptionnel" de la participation.  
    Dans un communiqué diffusé par Matignon, le chef du 
gouvernement précise que "les travaux préparatoires à la 
réalisation du nouvel aéroport s'engageront dès l'automne 
prochain, dans le plein respect des réglementations nationale et 
européenne". 
    "Les personnes qui occupent illégalement le site du nouvel 
aéroport devront partir d'ici le début des travaux. L'autorité 
de l'Etat et les lois de la République s'appliqueront à 
Notre-Dame-des-Landes comme partout ailleurs dans le pays", 
poursuit le communiqué de Matignon. 
    Le président socialiste du conseil départemental de 
Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, a appelé Europe 
Ecologie-Les Verts, qui milite pour l'abandon du projet, à 
respecter le résultat de cette consultation inédite. 
    "J'attends de savoir où seront les vrais démocrates", a dit 
pour sa part le président Les Républicains du conseil régional 
des Pays de Loire, Bruno Retailleau, autre partisan du 
transfert. 
    "La volonté démocratique qui vient de s'exprimer doit 
permettre la réalisation de ce transfert dans la sérénité, la 
sécurité et le respect de l'État de droit", a renchéri la maire 
socialiste de Nantes, Johanna Rolland, qui a qualifié ce projet 
d'"essentiel" pour le développement économique de la région. 
     
    LES "ZADISTES" VEULENT CONTINUER LA LUTTE 
    Mais les occupants de la "zone d'aménagement différé" (ZAD) 
réservée à ce projet d'aéroport, qu'ils ont rebaptisée "zone à 
défendre", avaient pour leur part annoncé qu'ils ne partiraient 
pas, quel que soit le résultat de la consultation.  
    Position confirmée dimanche soir dans un communiqué du 
mouvement anti-aéroport, après les résultats du vote: "Le cadre, 
le processus et le contenu de cette consultation étaient 
fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une série de 
mensonges d'Etat et radicalement inéquitable", lit-on. "Il ne 
s'agissait pour nous que d'une étape dans la longue lutte pour 
un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes." 
    "Cette lutte se poursuit dès ce soir", ajoutent les 
"zadistes", qui jurent de continuer à habiter, cultiver et 
protéger la zone "avec la plus grande énergie" et appellent à un 
rassemblement "massif" sur place les 9 et 10 juillet. 
    Une victoire du "non" aurait pu entraîner des conséquences 
financières lourdes pour l'Etat, le groupe Vinci  SGEF.PA , dont 
la filiale Aéroports du Grand Ouest (AGO) a obtenu la 
concession, entendait en effet obtenir des compensations en cas 
d'abandon du projet. 
    La convention passée entre l'Etat et AGO en décembre 2010 
prévoit le versement d'indemnités au concessionnaire en cas de 
résiliation du contrat. 
    Dans son communiqué, Manuel Valls souligne que la 
consultation de dimanche a "validé le projet de transfert 
d'aéroport déclaré d'utilité publique en 2008 (2 pistes), 
tranchant définitivement le débat sur l'opportunité de ce 
transfert."  
    La convention entre l'Etat et AGO évalue le prix de revient 
de l'aérodrome de Notre-Dames-des-Landes à 408 millions d'euros, 
toutes dépenses confondues et hors taxe, valeur janvier 2009. 
 
 (Avec Sybille de La Hamaide à Paris; édité par Emmanuel Jarry 
et Henri-Pierre André) 
 

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