Victoire des licenciés de Molex devant les prud'hommes

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LES PRUD'HOMMES DONNENT RAISON AUX LICENCIÉS DE MOLEX
LES PRUD'HOMMES DONNENT RAISON AUX LICENCIÉS DE MOLEX

TOULOUSE (Reuters) - Le tribunal des prud'hommes de Toulouse a estimé jeudi que 190 salariés de l'ex-filiale française de l'équipementier automobile américain Molex avaient été licenciés "sans cause réelle et sérieuse", ouvrant la voie à des indemnisations.

La cour d'appel de Toulouse leur avait déjà offert en février dernier une première victoire en déclarant le groupe américain co-responsable du licenciement en 2009 des 280 employés de l'usine de Villemur-sur-Tarn.

La décision de jeudi en faveur de 190 salariés qui contestaient leur licenciement pour motif économique pourrait faire l'objet d'un appel suspensif de Molex.

Elle a été acclamée par les plaignants venus en nombre dans la cour du tribunal des prud'hommes.

"La justice nous donne raison. Nous avons été entendus sur toute la ligne", a dit leur avocat Me Jean-Marc Denjean. "Vous êtes tous indemnisés du préjudice dans des sommes significatives."

Ce jugement oblige l'Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) à verser des indemnités s'élevant en moyenne à 90.000 euros par plaignant.

"Ce n'est pas une condamnation symbolique", a dit l'avocat. "Les prud'hommes versent en général six mois de salaire minimum. Au-delà, c'est à l'appréciation des juges."

Les ex-Molex avaient engagé une action en indemnisation, pour un montant global de 22 millions d'euros.

L'intersyndicale de Molex France a toujours contesté la justification économique de la fermeture du site de Villemur-sur-Tarn, estimant que l'usine était viable.

Elle avait réussi à repousser sa fermeture d'octobre 2008 à octobre 2009 avec l'appui du ministre de l'Industrie de l'époque, l'UMP Christian Estrosi, qui avait qualifié la direction américaine de Molex de "patrons voyous".

"On ne peut plus mettre en liquidation une boîte pour échapper à ses obligations" a dit l'avocat.

Depuis, plusieurs condamnations ont été prononcées en correctionnelle. Les dirigeants français de Molex ont écopé de six mois de prison avec sursis pour "entrave au fonctionnement du comité d'entreprise". Il leur a été reproché de ne pas avoir pleinement informé les représentants du personnel sur les intentions de la société, à savoir la fermeture du site.

(Guillaume Serries, édité par Yves Clarisse)

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  • M3365316 le jeudi 27 mar 2014 à 17:17

    pyrrhus oui mais 90 000 euros ça aide un mimimum pour passer un cap ; et je ne vois l influence de hollande

  • M7034327 le jeudi 27 mar 2014 à 17:12

    Comme quoi Hollande peut-être influent à 3 jours des municipales...

  • janaliz le jeudi 27 mar 2014 à 17:00

    Pyrrhus ! vous connaissez !