Victoire des libéraux du Premier ministre Rutte aux Pays-Bas

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LE PARTI LIBÉRAL VAINQUEUR DES LÉGISLATIVES AUX PAYS-BAS
LE PARTI LIBÉRAL VAINQUEUR DES LÉGISLATIVES AUX PAYS-BAS

par Anthony Deutsch et Thomas Escritt

AMSTERDAM (Reuters) - Mark Rutte, Premier ministre néerlandais sortant et chef de file du Parti libéral (VVD), a remporté les élections législatives anticipées de mercredi aux Pays-Bas mais sera peut-être contraint à un "mariage forcé" avec ses rivaux travaillistes, qui talonnent sa formation.

Ce sont les partis favorables aux politiques de rigueur dans la zone euro qui arrivent largement en tête du scrutin. Le Parti libéral et le Parti travailliste progressent tous deux de dix sièges par rapport à l'assemblée sortante.

Après dépouillement de plus de 98% des bulletins de vote, les libéraux sont crédités de 41 sièges, deux de plus que le Parti travailliste, au sein de l'Assemblée de 150 membres.

""Nous avons mené ce combat maison par maison, rue par rue, ville par ville, et aujourd'hui je suis fier. Demain, je ferai les premiers pas en vue de la formation d'un gouvernement", a déclaré le chef du gouvernement mercredi soir à la télévision, sans préciser quelle formation il allait consulter.

Diederick Samsom, chef de file du Parti travailliste (PvdA), a reconnu la victoire des libéraux.

"Je viens juste d'appeler Mark Rutte et je l'ai félicité parce que le VVD est de nouveau le parti le plus important", a-t-il expliqué à ses partisans.

Le Parti socialiste, opposé à l'austérité et aux conditions des plans de sauvetage européens des pays en difficulté, n'enregistre aucune progression, bien qu'il ait dominé le début de la campagne.

Il arrive loin en troisième position, au coude à coude avec le Parti de la liberté (PVV) du populiste Geert Wilders, hostile à l'immigration et qui milite pour une sortie de l'Union européenne. Le PVV perd près de la moitié de ses sièges.

"BOULEVERSEMENTS TECTONIQUES"

Mercredi soir, Diederick Samsom s'est dit prêt à siéger au gouvernement et a lancé un appel à l'union nationale.

"Beaucoup doutaient qu'en si peu de temps, les Pays-Bas repasseraient du populisme à l'honnêteté en reconnaissant que les moments difficiles imposent des choix difficiles.

"Nous devons aux électeurs de travailler ensemble. Ce pays n'a pas besoin de polarisation mais de cohésion pour les cinq années qui viennent. Pas de divisions, mais de l'unité", a-t-il déclaré à ses partisans.

Même sans alliance formelle, la majorité dont disposent libéraux et travaillistes signifie que les Pays-Bas devraient rester l'un des plus fermes défenseurs des politiques de rigueur dans la zone euro.

Grande force politique de l'après-guerre jusqu'au milieu des années 2000, les chrétiens démocrates (CDA), partenaires des libéraux au sein du gouvernement sortant, essuient leur pire revers depuis des décennies.

"On dirait qu'il va y avoir des bouleversements tectoniques dans le paysage politique", a reconnu la ministre de l'Intérieur Liesbeth Spies, issue du CDA.

Geert Wilders, responsable de la chute du gouvernement en avril, qui est passé d'un discours islamophobe à une dénonciation de l'Union européenne, a quant à lui promis de rebondir.

"Notre combat est plus que jamais nécessaire aux Pays-Bas. Les problèmes ne feront que croître et les meilleures années du PVV sont devant nous. Je ne démissionnerai pas", a-t-il affirmé.

RIGUEUR BUDGÉTAIRE

Les derniers jours de la campagne se sont résumés à un face à face entre le Premier ministre sortant, ancien directeur des ressources humaines du groupe Unilever, surnommé "Teflon" pour sa capacité à résister aux coup durs, et l'énergique chef de file travailliste Diederick Samsom, ex-militant de Greenpeace que ses qualités d'orateur ont propulsé en quelques semaines au premier rang de la scène politique à la faveur de ses prestations dans les débats télévisés.

Les deux hommes qui appartiennent à la même génération - Rutte est âgé de 45 ans, Samsom en a 41 - avaient au départ écarté l'idée d'une cohabitation dans le cadre d'une coalition gouvernementale. Mais l'arithmétique parlementaire pourrait ne pas leur laisser d'autre choix.

"Les libéraux et les travaillistes sont voués à s'unir", a déclaré Philip van Praag, politologue à l'université d'Amsterdam, cité par l'agence de presse néerlandaise ANP.

Mark Rutte a prévenu qu'il poursuivrait sa politique de rigueur budgétaire sur le plan intérieur et qu'il resterait ferme dans les négociations européennes sur les conditions d'une aide aux pays en difficulté.

"Il y a un véritable choix à faire dans cette élection, qui concerne également l'Europe", avait-il dit après avoir déposé son bulletin dans l'urne. "Allons-nous préserver notre relation étroite avec l'Allemagne et la Finlande dans la lutte contre la crise de l'euro ou y aura-t-il une évolution vers une Europe davantage portée vers les positions de la France, ce à quoi je m'opposerai?"

"J'aimerais garder le même cap avec notre coalition de pays du nord de l'Europe", avait-il ajouté.

Les Pays-Bas sont l'un des derniers pays européens dont la dette bénéficie toujours de la note maximale auprès des agences de notation.

Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André, Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français

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  • dub22 le jeudi 13 sept 2012 à 09:21

    J'en connais un qui doit faire la tronche ce matin, n'est-ce pas François?

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