Victoire de la coalition de Shinzo Abe à la chambre haute

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    par Linda Sieg et Minami Funakoshi 
    TOKYO, 10 juillet (Reuters) - La coalition emmenée par le 
Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a largement remporté 
dimanche les élections à la chambre haute en dépit des 
préoccupations liées à sa politique économique et à son projet 
visant à amender la constitution pacifique nippone. 
    Selon des projections des médias japonais, la coalition 
emmenée par Shinzo Abe dispose désormais de cette 
"super-majorité" des deux-tiers qui lui permettra de lever les 
restrictions entourant les capacités de l'armée japonaise et qui 
sont en vigueur depuis l'après-guerre. 
    Le Parti libéral-démocrate (PLD) de Shinzo Abe a toutefois 
raté de peu la majorité simple qui lui aurait permis de 
conforter sa place au sein de la coalition au pouvoir. 
    Shinzo Abe a déclaré sur une chaîne de télévision japonaise 
qu'il était encore trop tôt pour évoquer le projet de réforme 
constitutionnelle, tandis que le numéro 2 du PLD a indiqué qu'il 
ouvrirait en temps voulu des discussions avec l'opposition. 
    "Il me reste deux année de mandat (en tant que président du 
PLD) et c'est un objectif du PLD, donc je veux régler cette 
question dans le calme", a dit Shinzo Abe. 
    Certains analystes financiers redoutent que l'ambition de 
Shinzo Abe en matière militaire le détourne de son autre 
objectif, celui de relancer une économie atone. 
    "La principale est question est de savoir s'il sera en 
mesure de mener les réformes économiques structurelles",  
explique Nobuhiko Kuramochi de Mizuho Securities. "Si Abe n'y 
parvient pas alors qu'il a une grande marge de manoeuvre 
politique, ce sera négatif pour l'intérêt des investisseurs pour 
les valeurs japonaises." 
    Shinzo Abe a annoncé au début du mois le report de deux ans 
et demi, à octobre 2019, de l'augmentation de la TVA, une 
décision qui relègue au second plan l'assainissement des 
finances publiques face à la faiblesse de la reprise économique. 
 
    REMANIEMENT ATTENDU 
    L'obtention d'une majorité des deux tiers au Sénat ouvre 
donc la voie à une révision de la Constitution rédigée par les 
Américains après la guerre et encore jamais modifiée. 
    Amender la Constitution nécessite l'aval des deux tiers des 
deux chambres de la Diète (Parlement). A la chambre basse, la 
coalition au pouvoir peut déjà s'appuyer sur une 
"super-majorité" des deux tiers. 
    Pour les conservateurs, la Constitution est le symbole 
humiliant de la défaite japonaise lors de la Seconde Guerre 
mondiale. Ses défenseurs y voient au contraire la source de la 
paix et de la prospérité d'après-guerre. 
    L'opposition démocrate s'est alliée à de petits partis, et 
notamment le parti communiste japonais pour tenter d'empêcher 
les partisans du changement constitutionnel de l'emporter. 
    La coalition au pouvoir a largement gagné les trois 
dernières élections parlementaires en nombre de sièges, mais les 
experts estiment que la participation, très basse, reflète un 
sentiment d'absence de choix parmi les électeurs. 
    Les prochaines élections législatives au Japon ne sont pas 
prévues avant 2018. 
    Un remaniement ministériel est attendu dans la foulée des 
élections. Le ministre de la Justice, Mitsuhide Iwaki, paraît 
menacé, comme le ministre chargé de l'archipel D'Okinawa. 
 
 (Julie Carriat et Nicolas Delame pour le service français) 
 
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