Victoire annoncée du Premier ministre japonais aux législatives

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par Linda Sieg TOKYO, 14 décembre (Reuters) - Le parti conservateur du Premier ministre japonais Shinzo Abe devrait remporter les élections législatives anticipées de dimanche à l'issue d'un scrutin en forme de référendum sur sa politique de relance économique et de lutte contre la déflation. Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 du matin (22h00 GMT). Les sondages de sortie des urnes des médias seront diffusés à 20h00 (11h00 GMT). Ces législatives, convoquées le mois dernier, interviennent deux ans après le retour au pouvoir de Shinzo Abe. A l'origine, certains avaient estimé que ce pari coûterait peut-être des sièges au parti de Shinzo Abe, le Parti Libéral démocrate (PLD). Mais, selon les projections des médias, le PLD pourrait remporter plus de 300 sièges sur les 475 que compte la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète, le parlement japonais. Ce pourrait être la plus grande victoire du PLD depuis sa fondation il y a près de 60 ans. Ensemble, le PLD et son partenaire de coalition, le Komeito, devraient conserver leur "super majorité" de deux-tiers des députés. Selon les experts toutefois, la victoire du Premier ministre pourrait avoir un arrière-goût amer. Les électeurs mécontents, de plus en plus dubitatifs vis-à-vis de sa politique, les Abenomics, comme on la surnomme, mais méfiants envers l'opposition, pourraient rester chez eux en grand nombre. "Ce n'est pas tant un vote de confiance en Abe et envers le PLD qu'un vote de défiance vis-à-vis de l'opposition politique", commente Gerry Curtis, professeur à l'université de Columbia. Shinzo Abe est revenu au pouvoir pour un second mandat en tant que Premier ministre en 2012 en promettant de relancer un pays et une économie souffrant de déflation et de vieillissement de sa population. Mais, après une hausse de trois points de la TVA en avril, passée de 5% à 8%, l'économie japonaise est tombée en récession au troisième trimestre, malgré les trois piliers des Abenomics que sont les dépenses publiques, une politique monétaire ultra-accommodante et des réformes dans le domaine de la déréglementation notamment. LES MAINS LIBRES Le mois dernier, Shinzo Abe a décidé de reporter à avril 2017 la seconde augmentation de la TVA, qui devait être portée à 10% en octobre 2015 et de convoquer des élections législatives anticipées. ID:nL6N0T81BD Certains se sont demandés comment le pays allait réduire son énorme dette publique, la plus importante parmi les pays riches. Elle représente 245% du produit intérieur brut (PIB). Le Premier ministre, dont le slogan est "Ceci est la seule voie", a convoqué ce scrutin anticipé dans le but de renforcer son assise avant de s'attaquer à des mesures impopulaires, comme le redémarrage des réacteurs nucléaires mis hors service après la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et un changement de politique sur le plan diplomatique qui se départirait du pacifisme adopté par le pays après la Seconde Guerre mondiale. Le PLD avait 295 sièges et le Komeito 31 à la Chambre des représentants quand elle a été dissoute pour les élections anticipées. Le principal parti d'opposition, le Parti démocratique du Japon (PDJ) avait 62 sièges. Cinq sièges ont été supprimés dans le cadre d'une réforme électorale. Le PDJ n'a pas profité de l'incertitude économique. Les électeurs se souviennent il est vrai de son passage au pouvoir en 2009-2012, quand les Premiers ministres s'étaient succédé - trois en trois ans - sur fond de luttes intestines. Une victoire du PLD facilitera la réélection de Shinzo Abe à la tête du PLD en septembre 2015. Cela accroîtrait ses chances de rester au pouvoir jusqu'en 2018. Mis à part des élections locales en avril, la coalition au pouvoir ne devrait pas se retrouver devant les électeurs avant l'élection de 2016 à la Chambre des conseillers (le Sénat) où le PLD et le Komeito sont majoritaires. "Si Abe gagne haut la main, il aura au moins les mains libres en politique jusqu'aux sénatoriales de 2016. Cela augmentera beaucoup la capacité du gouvernement de faire passer sa politique", estime Hideyuki Ishiguro, chez Okasan Securities. (Avec Thomas Wilson; Danielle Rouquié pour le service français)

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