Viande de cheval : trop de fraude en France

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Selon les tests européens, 13 % des plats « au b?uf » contiennent de l'équidé dans l'Hexagone.

Mauvaise nouvelle pour les consommateurs français et la filière alimentaire: la France est de loin le premier pays européen où ce qui est vendu comme du b½uf recèle en fait de la viande de cheval, d'après des analyses à grande échelle lancées dans les vingt-sept pays de l'UE.

Près d'un test sur sept (13,3 %) pratiqué sur des préparations de viande et des plats cuisinés «au b½uf» a révélé la présence d'ADN de cheval en France. C'est près de trois fois la moyenne européenne (4,66 %) et sans comparaison avec les quatre autres pays mis en cause dans le scandale de l'étiquetage frauduleux: Irlande, Grande-Bretagne, Roumanie et Pays-Bas. Seuls la Grèce (12,5 %), la Lettonie (10 %) et le Danemark (9,1 %) approchent le mauvais score de l'Hexagone, d'après le recensement de la Commission européenne.

Les chiffres officiels de 4 144 tests ADN lancés depuis mi-février à l'initiative de Bruxelles établissent avec précision la présence de viande de cheval dans les échantillons. Ils ne permettent pas d'en établir la proportion. Le doute peut subsister d'une contamination accidentelle dans certains cas, plutôt que d'une fraude systématique à l'estampillage.

Reste que l'étendue du problème, en France notamment, risque de rendre délicat le retour de la sérénité envers une industrie qui sort à peine de la tempête. L'exécutif européen peine à convaincre lorsqu'il souligne que «moins de 5 % des produits testés» sur le Vieux Continent contreviennent à l'étiquetage et qu'il s'agit «d'un problème de fraude et non pas d'une question de sécurité alimentaire». Le commissaire à la santé Tonio Borg semble avoir pris une plus juste mesure du défi, en soulignant «l'importance vitale» d'une industrie agroalimentaire qui se trouve être aussi le plus important secteur économique de l'UE.

Anti-inflammatoire

Par ricochet, les tests ont porté sur la présence de phénylbutazone, un anti-inflammatoire interdit dans l'alimentation humaine, dans un échantillon de 3 115 carcasses de cheval: 0,5 % d'entre eux se sont révélés positifs, principalement au Royaume-Uni (14 sur 836) comme le laissait prévoir une affaire antérieure de contamination. «Il n'y a pas de danger immédiat» sur ce front-là, dit-on à Bruxelles, avis confirmé par deux institutions: l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence européenne des médicaments (EMA). «Il faudrait manger des centaines de steaks hachés de cheval pendant des mois pour éventuellement avoir des problèmes avec le phénylbutazone», assure Frédéric Vincent, porte-parole de la commission.

Le scandale de l'étiquetage frauduleux a débuté mi-janvier avec la découverte, en Irlande et en Grande-Bretagne, de hamburgers contenant de la viande chevaline. Il a provoqué le retrait de millions de plats préparés des rayons, dont les ventes se sont par ailleurs effondrées. Nestlé et Ikea en ont subi les retombées de plein fouet. Le 10 avril, les autorités sanitaires néerlandaises ont annoncé que 50 000 tonnes de viande de b½uf vendues à travers toute l'Europe pourraient contenir du cheval.

En France la société Spanghero, accusée d'avoir sciemment revendu plusieurs centaines de tonnes de viande frauduleusement estampillée, s'est retrouvée dans l'½il du cyclone. Elle a dû cesser son activité de négoce de viande.

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  • JMH01 le mercredi 17 avr 2013 à 14:10

    et le cochon?

  • M5005891 le mercredi 17 avr 2013 à 14:05

    et alors, c'est comme les stat avec l'imigration, tout est faux.