Viande de cheval: la société Spanghero se défend, 13 pays concernés

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Mise en cause comme premier responsable par le gouvernement français dans le scandale de la viande de cheval faussement estampillée boeuf, la société Spanghero a clamé vendredi son innocence dans cette affaire qui porte sur plus de 750 tonnes de viande et concerne 13 pays.

Implantée à Castelnaudary, dans le sud-ouest de la France, cette entreprise emploie quelque 300 personnes, au chômage technique depuis la décision jeudi de l'exécutif français de lui retirer son agrément sanitaire.

"Je ne sais pas qui" est à l'origine de la fraude "mais c'est forcément pas nous", a déclaré vendredi le patron de Spanghero, Barthélémy Aguerre, à la radio Europe 1. "J'ai été sidéré" par les accusations des autorités françaises, a-t-il dit.

Une brigade de vétérinaires était attendue dans la journée dans les locaux de l'entreprise pour des contrôles.

Plusieurs ministres avaient la veille porté des accusations graves contre la société, accusée de "tromperie économique", assurant que Spanghero savait qu'elle revendait comme viande de boeuf de la viande chevaline et qu'elle avait trompé ses clients.

"Le gouvernement est allé un peu vite" et "je pense que je vais faire la preuve de notre innocence, de mon innocence en tout cas, et de l'innocence de mes collaborateurs", a ajouté M. Aguerre.

"Depuis qu'il y a eu le problème, on a analysé les pains de viande et dans certains, on a trouvé du boeuf et du cheval mélangés, ce qui prouve bien que ce n'est pas Spanghero qui a fait la magouille. La magouille, elle vient d'ailleurs", a-t-il assuré.

Selon l'agence française anti-fraudes, le scandale européen de la viande de cheval faussement étiquetée concerne 750 tonnes de viande qui ont servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens.

Selon cette agence, Spanghero, fournisseur de viande des surgelés Findus, a "réceptionné" durant six mois en pains de 25 kilos 750 tonnes de viande de cheval, "avec l'étiquette douanière" correspondant à de la viande de cheval comme l'ont montré les factures saisies entre un trader chypriote et la société française basée dans le sud-ouest.

Pemières arrestations en Grande-Bretagne

Sur ces 750 tonnes, 550 tonnes ont été livrées à l'usine luxembourgeoise de Comigel étiquetée "Viande boeuf origine UE".

Ces 550 tonnes ont alors servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de produits frauduleux vendus par Comigel à au moins 28 entreprises dans 13 pays européens, selon la directrice de la direction de la répression des fraudes, Nathalie Homobono.

Pour sa défense, Comigel a affirmé jeudi que la "tromperie" était difficilement détectable.

Cette énorme affaire a révélé la complexité commerciale du circuit suivi par la viande en Europe.

En Grande-Bretagne, la police britannique a procédé jeudi à de premières interpellations dans cette affaire. Trois hommes soupçonnés de fraude ont été arrêtés: deux dans l'usine galloise de Farmbox Meats et un dans l'abattoir anglais de Peter Boddy, des établissements qui avaient été perquisitionnés mardi. Selon l'Agence britannique de sécurité alimentaire (FSA), l'abattoir a fourni des carcasses de chevaux à l'usine de Farmbox Meats.

Plus tôt jeudi, le scandale avait pris une dimension sanitaire, au vu de tests effectués au Royaume-Uni. Six carcasses de chevaux abattus dans le pays et contenant des traces de phenylbutazone, un anti-douleur proscrit dans l'alimentation, ont été envoyées en France. Selon le gouvernement français, 3 carcasses ont été identifiées et vont être détruites. Cette viande n'est pas entrée dans la chaîne alimentaire, selon Paris.

L'affaire, qui a éclaté en janvier et était cantonnée dans un premier temps à de la viande hachée vendue au Royaume-Uni et à l'Irlande, est devenue européenne avec la découverte de traces de cheval dans des produits au boeuf, notamment des lasagnes, vendus au Royaume-Uni, mais aussi en France, en Allemagne et en Suisse.

L'Union européenne a décidé de lancer une campagne de tests ADN dans tous les Etats membres et de confier à Europol la coordination des enquêtes judiciaires.

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