Vetos russe et chinois à l'Onu à des sanctions contre Damas

le , mis à jour à 20:21
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 (Actualisé avec rejet de la résolution, commentaires) 
    par Michelle Nichols 
    NATIONS UNIES, 28 février (Reuters) - La Russie et la Chine 
ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution du Conseil 
de sécurité des Nations unies prévoyant des sanctions contre la 
Syrie pour l'utilisation d'armes chimiques contre sa population 
civile. 
    Le texte avait été préparé par les Etats-Unis, la France et 
le Royaume-Uni après la publication d'un rapport de la mission 
d'enquête de l'Onu et de l'Organisation pour l'interdiction des 
armes chimiques (OIAC) qui a conclu que les forces 
gouvernementales syriennes étaient responsables de trois 
attaques au chlore et que les djihadistes de l'Etat islamique 
avaient utilisé du gaz moutarde. 
    La Russie avait annoncé vendredi son intention de bloquer le 
projet de résolution au motif qu'il pourrait nuire aux 
négociations de paix entre les parties en guerre en Syrie. 
    Ces pourparlers ont repris la semaine dernière à Genève, 
après dix mois d'interruption.    
    Neuf des 15 membres du Conseil de sécurité ont voté en 
faveur de la résolution. La Bolivie s'est prononcée contre le 
texte. L'Ethiopie, l'Egypte et le Kazakhstan se sont abstenus. 
    Pour être adoptée, une résolution doit rassembler neuf votes 
en sa faveur et ne déclencher aucun veto des membres permanents 
du Conseil (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie).  
    La Russie a opposé son veto à six résolutions sur la Syrie 
depuis le début du conflit en mars 2011. La Chine s'est jointe à 
Moscou lors de cinq de ces votes.  
    Mardi, le président russe, Vladimir Poutine, en visite au 
Kirghizistan, a estimé que ce projet de résolution était 
"absolument inadapté" à la situation. 
    L'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, 
Nikki Haley, lui a répondu après le vote. 
    "Cette résolution est très appropriée", a-t-elle dit. "C'est 
toujours triste au Conseil de sécurité quand ses membres 
commencent à trouver des excuses aux autres Etats membres qui 
tuent leur propre peuple. Le monde est assurément devenu plus 
dangereux." 
     
    "DIEU VOUS JUGERA" 
    L'ambassadeur adjoint de Russie auprès des Nations unies, 
Vladimir Safronkov, a qualifié les déclarations faites contre 
Moscou au Conseil de Sécurité de "scandaleuses".  
    "Dieu vous jugera", a-t-il dit. 
    Il a parlé de "provocation" à propos de la présentation au 
vote de la résolution. "(...) Vous connaissiez notre position 
bien à l'avance", a-t-il dit. 
    La France, pour sa part, "regrette vivement" que la 
résolution n'ait pas été adoptée, a déclaré son ministre des 
Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.     
    "Il s'agit d'une lourde responsabilité vis-à-vis du peuple 
syrien et du reste de l'humanité", dit-il dans un communiqué "Il 
est crucial de ne pas laisser impunis les crimes de ceux qui 
choisissent d'utiliser de telles armes." 
    "La France ne se résignera pas aux exactions qui continuent 
à s'abattre sur le peuple syrien. Elle poursuivra ses efforts, 
avec ses partenaires, pour lutter contre l'impunité et le 
recours aux armes chimiques", a-t-il ajouté.  
    Avant le vote, l'ambassadeur du Royaume-Uni aux Nations 
unies, Matthew Rycroft, avait déclaré : "Il s'agit de prendre 
position quand des enfants sont empoisonnés. C'est aussi simple 
que cela. Il s'agit de prendre position quand des civils sont 
mutilés et assassinés avec des armes toxiques." 
    L'utilisation du chlore comme arme est interdite par la 
Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) à 
laquelle la Syrie est partie depuis 2013. En cas d'inhalation, 
ce gaz se transforme en acide chlorhydrique dans les poumons et 
peut tuer en brûlant les poumons et par étouffement. 
    Le gouvernement syrien a démenti que ses forces aient 
utilisé des armes chimiques. La Russie a mis en doute les 
conclusions de l'enquête Onu/OIAC, estimant qu'il n'y avait pas 
assez de preuves pour que le Conseil de sécurité intervienne. 
    L'ambassadeur de Chine a déclaré qu'il était trop tôt pour 
agir parce que l'enquête internationale était en cours. "Nous 
sommes opposés à l'utilisation des armes chimiques", a-t-il 
toutefois précisé. 
    Le projet de résolution prévoyait de sanctionner onze 
responsables militaires et politiques syriens ainsi que dix 
entités gouvernementales impliquées dans le développement et la 
production d'armes chimiques. Les sanctions sont un gel des 
avoirs et, pour les individus, une interdiction de déplacement. 
 
 (Avec Sophie Louet à Paris, Julie Carriat, Eric Faye et 
Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles 
Trequesser) 
 
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  • jpc50 il y a 9 mois

    Les pro-Poutine n'ont aucune pudeur; ils sont prêt à tout pour complaire à leur maître, même à faire comme lui l'apologie d'un assad.

  • delapor4 il y a 9 mois

    Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France devraient être jugés pour crime contre l'humanité. Ce sont eux qui ont envoyé et armé des mercenaires en Syrie pour y répandre le chaos et commettre un génocide.