Veto russe à la résolution américaine sur les armes chimiques

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 (Actualisé avec résolution russe, proposition japonaise et 
détails) 
    par Michelle Nichols 
    NEW YORK, 17 novembre (Reuters) - La Russie a opposé son 
veto jeudi contre une résolution présentée par les Etats-Unis 
qui visait à renouveler le mandat de la commission d'enquête sur 
l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. 
    C'est la dixième fois que la Russie utilise son droit de 
veto au sein du Conseil de sécurité de l'Onu pour bloquer 
l'action internationale en Syrie depuis le début du conflit en 
2011. 
    Une autre résolution, présentée par Moscou, n'est quant à 
elle pas parvenue à recueillir le nombre de voix nécessaires à 
son adoption. 
    Une résolution doit obtenir neuf votes favorables et ne pas 
se voir opposer le veto de l'un des cinq membres permanents du 
Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Russie, 
Grande-Bretagne, Chine) pour être adoptée. 
    Le projet de résolution des Etats-Unis a obtenu 11 voix en 
faveur. La Russie et la Bolivie se sont prononcées contre, 
tandis que la Chine et l'Egypte se sont abstenues. 
    Le projet de résolution de la Russie a obtenu seulement 4 
votes en faveur, 7 contre et 4 abstentions. 
    La Russie a poussé pour faire inverser l'ordre du vote prévu 
par le règlement du Conseil de sécurité afin que son projet de 
résolution soit présenté après celui des Etats-Unis et non en 
premier. 
     
    UN SURSIS D'UN MOIS POUR LA COMMISSION D'ENQUÊTE ? 
    Washington souhaitait une prolongation de deux ans du mandat 
de la commission d'enquête de l'Onu et de l'Organisation pour 
l'interdiction des armes chimiques (OAIC), appelée Mécanisme 
d'enquête conjoint (Joint Investigative Mechanism, Jim). 
    Moscou disait préférer une extension du travail du Jim pour 
six mois avec possibilité de le renouveler. 
    Le mandat du Jim, crée à l'unanimité par les 15 membres du 
Conseil de sécurité en 2015 et prolongé d'un an en 2016, expire 
vendredi à 05h00 GMT. 
    Le Japon a fait circuler à l'issue de cette réunion du 
Conseil de sécurité un projet de résolution portant sur une 
prolongation d'un mois du mandat du Jim, ont dit des diplomates. 
    Aucune date n'a semble-t-il été évoquée pour le moment 
concernant ce vote. 
    Le vote de jeudi a déclenché une guerre des mots entre la 
Russie et les Etats-Unis au sein du Conseil de sécurité, 
quelques heures seulement après l'annonce par la porte-parole de 
la Maison blanche de l'optimisme de Donald Trump quant à la 
possibilité de travailler avec Vladimir Poutine sur cette 
question syrienne. 
    L'ambassadrice américaine auprès de l'Onu, Nikki Haley, a 
prévenu après ce vote que les Etats-Unis pourraient, "s'il le 
faut", frapper de nouveau les bases aériennes syrienne, comme 
ils l'avaient fait après l'attaque de Khan Sheikhoun. 
    "Le régime de Bachar el-Assad doit être clairement prévenu, 
les Etats-Unis n'acceptent pas l'utilisation d'armes chimiques 
par la Syrie", a déclaré Nikki Haley au Conseil de sécurité. 
    Un rapport de la commission d'enquête internationale publié 
fin octobre a imputé au gouvernement syrien l'utilisation de gaz 
sarin sur Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, une attaque 
qui a fait plus de 80 morts le 4 avril dernier. 
     
    LA RUSSIE "A TUÉ" L'ENQUÊTE 
    L'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily 
Nebenzia, a affirmé que le projet de résolution des Etats-Unis 
n'était pas proportionné et que la volonté des puissances 
occidentales de dénigrer la Russie "a dépassé l'importance de 
préserver le mécanisme (d'enquête conjoint)". 
    "Nous avons besoin d'un mécanisme robuste, qualifié, pour 
aider à empêcher la prolifération de menaces d'attaques 
terroristes au gaz dans la région, et vous (les puissances 
occidentales, ndlr) avez besoin d'une structure qui soit une 
marionnette pour manipuler l'opinion publique", a dit Nebenzia. 
    L'ambassadeur russe a aussi fait part de sa "profonde 
déception" quant à l'issue du vote de la résolution proposée par 
la Russie. 
    Ceux qui ont voté contre ce projet de résolution "portent le 
poids entier de la responsabilité de l'arrêt de l'opération du 
Jim", a ajouté Vassily Nebenzia. 
    A l'approche du vote, jeudi, le président américain Donald 
Trump avait via un message sur Twitter incité le Conseil de 
sécurité à prolonger le mandat de la commission d'enquête, 
affirmant qu'elle est indispensable pour empêcher Bacher 
el-Assad de recourir à des armes chimiques. 
    "La Russie a tué le Mécanisme conjoint d'enquête", a affirmé 
après le vote Nikki Haley. 
    "Dans les faits la Russie accepte l'utilisation d'armes 
chimiques en Russie. Comment pouvons-nous alors croire à l'aide 
de la Russie pour une paix supposée en Russie ?", a ajouté 
l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies.  
    La Syrie avait accepté de détruire ses armes chimiques en 
2013 suite à un accord négocié par la Russie et les Etats-Unis. 
    "Nous condamnons l'utilisation d'armes chimiques par 
quiconque", a assuré Vassily Nebenzia. 
 
 (Jean Terzian et Nicolas Delame pour le service français, édité 
par Benoît Van Overstraeten) 
 
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