Vêtement : les marques se libèrent de la Chine

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INFOGRAPHIE - Elles cherchent des alternatives au «made in China» pour réduire les coûts et réagir vite aux fluctuations du marché.

En dépit de la crise, qui a vu les ventes de textile-habillement chuter de 2,7%, l'an passé en France, les importations françaises ont augmenté de 7% en valeur, selon une étude de la Fédération de la maille et de la lingerie pour le salon Zoom by Fatex. «Il y a un décalage entre le moment où les marques achètent et la vente en magasin, indique Anne-Laure Linget, responsable international de la fédération pour expliquer ce paradoxe. Certaines marques ont rogné sur leurs marges pour ne pas trop augmenter les prix.»

La Chine reste certes le plus gros exportateur mondial de vêtements et le premier fournisseur pour le marché français. Les importations chinoises ont augmenté de 7% de janvier à novembre 2011. Cette progression est tirée par la hausse des coûts de production. En volume, la croissance se limite à 4%.

Et cette augmentation des coûts de production incite les importateurs français à diversifier leurs sources d'approvisionnement: 68% d'entre eux l'ont fait l'an passé, selon l'Institut français de la mode (IFM). Après avoir flambé il y a un an, les prix du coton sont certes revenus à leur niveau de mi-2010. Mais la flambée des salaires chinois se poursuit: suite à des grèves, ils s'échelonnent entre 180 et 300 euros par mois. C'est autant qu'en Biélorussie et plus qu'en ­Tunisie (160 euros) et à Madagascar (50 euros). De plus en plus de marques, comme Petit Bateau, Etam ou Celio, s'approvisionnent dans cette île.

Des fournisseurs proches de l'Hexagone

Les importations françaises de textile ont fortement augmenté au Bangladesh (+ 26%) et au Pakistan (+ 29%). Le Bangladesh, où le salaire moyen s'élève à seulement 80 euros, malgré un doublement en deux mois, s'impose comme le deuxième fournisseur de la France, devant la Turquie, l'Inde et la Tunisie. Des fournisseurs plus proches de l'Hexagone avancent également leurs pions: la République tchèque a vu ses exportations s'envoler de 55% et la Bulgarie, de 56%.

La hausse des coûts salariaux n'est pas la seule cause de cette modification des sources d'approvisionnement. Les frais de transports (dopés par la hausse du pétrole) et les délais de livraison incitent de plus en plus de distributeurs français à transférer leurs commandes d'Asie du Sud-Est vers des destinations plus proches: Europe de l'Est, Euroméditerranée, Madagascar... Déjà, la Roumanie, surnommée la «Chine de l'Europe», est le premier fournisseur textile européen de la France. L'Ukraine travaille pour Hugo Boss ou Zara. Et Beaumanoir (Cache-Cache, Morgan) a créé des bureaux d'achats en Turquie.

Par ailleurs, il est quasi impossible d'obtenir, en cours de collection, le réassort rapide d'un best-seller made in China. «Le sourcing en Chine devient de moins en moins compétitif, estime Frédéric Biousse, codirecteur de Sandro et Maje. Malheureusement, l'outil industriel de la France reste trop faible, ce qui conduit la plupart des marques à se tourner vers le Portugal et l'Europe de l'Est, en Roumanie, en Ukraine et en Bulgarie.»

Moins dépendre de la Chine peut devenir une nécessité. L'industrie textile ne fait plus partie du plan quinquennal chinois. L'explosion du marché intérieur chinois et le manque de main-d'œuvre ont conduit des usines chinoises à ne pas renouveler leurs contrats avec de petits fabricants européens, priés d'aller sourcer ailleurs.


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