Versions divergentes sur le camp de Roms évacué à Marseille

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DES HABITANTS DE MARSEILLE ÉVACUENT UN CAMP DE ROMS
DES HABITANTS DE MARSEILLE ÉVACUENT UN CAMP DE ROMS

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - L'évacuation d'un camp de Roms à Marseille jeudi soir sous la pression d'habitants a fait l'objet de récits divergents entre le gouvernement de gauche et la municipalité de droite, sur fond de tensions persistantes sur ce sujet depuis l'été.

Des associations et le maire Jean-Claude Gaudin déplorent que cette évacuation se soit passée de la sorte et ont dénoncé une dérive, mais le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a fait un autre récit et appelé à la "responsabilité et l'apaisement".

Les Roms, qui avaient pris possession il y a quatre jours d'un terrain vague du quartier Saint-Louis, dans le XVe arrondissement de la ville, auraient été obligés de fuir sous la menace des riverains, qui auraient ensuite brûlé les restes de leur campement de fortune, assurent les élus UMP de Marseille.

Le ministère de l'Intérieur donne une autre version. Les policiers sont intervenus "pour mettre un terme à un différend opposant un groupe d'une trentaine de personnes et les occupants du campement", explique-t-il dans un communiqué.

"Ces derniers ont alors signalé leur volonté de quitter les lieux, ce qu'ils ont fait sous la protection des forces de police, abandonnant ainsi sur place différents effets personnels, objets encombrants et autres détritus", ajoute-t-il.

Le feu se serait déclenché beaucoup plus tard "sur une surface de 5m2", détruisant selon la place Beauvau "une carcasse de réfrigérateur et divers objets".

Les autorités locales avaient été sollicitées par les riverains pour obtenir cette évacuation mais il leur a été répondu qu'il fallait une décision préalable de justice, ce qui aurait pris du temps. Les associations s'émeuvent.

"Les gens disent que l'Etat ne fait rien et ils passent directement à l'action. C'est ce que l'on craignait le plus", a déclaré à Reuters le délégué régional de la Fondation Abbé Pierre, Fathi Bouaroua.

"Cette situation fait deux victimes : les Roms, qui ont désormais peur pour leur sécurité, et les populations défavorisées qui se trouvent confrontées à une dégradation de leur environnement. La situation est plus que tendue partout dans la ville", a-t-il ajouté.

"PAS DE MILICES"

Le maire UMP de Marseille a dénoncé devant la presse la "surmédiatisation indécente" de la ville qui conduirait à ce que "les gens se croient autorisés à tout régler eux-mêmes".

"Il est clair que la police doit faire en sorte d'empêcher ce genre d'acte. On ne peut pas laisser se constituer des milices, ce n'est pas acceptable", a-t-il ajouté en disant vouloir "apporter des solutions humaines" à un problème qui est de la "compétence exclusive de l'Etat".

Selon les associations caritatives, cette action ne serait pas isolée. Au mois de mai, des habitants d'un autre quartier du nord de Marseille avaient violemment pris à partie les militants associatifs intervenant sur un campement à Château Gombert.

"Cette affaire fait suite à des faits récurrents d'agression ou d'opposition entre les riverains et les occupants de campements illicites depuis cet été, démontrant à nouveau la complexité du sujet de ces implantations sur le territoire et l'irritation des populations riveraines qu'elles suscitent rendant parfois les interventions de la police indispensables", confirme la préfecture.

Pour Samia Ghali, maire socialiste des XV et XVIe arrondissements de la ville, "on ne peut pas ajouter de la misère à la misère. Cette situation était prévisible et elle peut toucher d'autres campements".

"LA CHASSE AUX ROMS"

Les Roms viennent principalement de Roumanie et de Bulgarie, deux pays membres de l'Union européenne accusés par des organisations de défense des droits de l'homme de discrimination envers cette minorité.

On estime entre 15.000 et 20.000 le nombre de Roms vivant en France, généralement dans des campements insalubres en périphérie des grandes villes. Environ 3.000 Roms vivraient dans les Bouches-du-Rhône, dont la moitié à Marseille.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a poursuivi la politique d'expulsion du gouvernement précédent.

L'action du gouvernement français à l'égard des Roms est observée attentivement par les défenseurs des droits de l'homme ainsi que par l'Union européenne qui avait critiqué, il y a deux ans, la politique menée sous Nicolas Sarkozy.

"La seule solution est d'accueillir et d'héberger ces populations dans des conditions acceptables. Aujourd'hui, le sentiment de peur est bien réel", a dit Fathi Bouaroua.

Christophe Madrolle, vice-président de la Communauté urbaine de Marseille, s'est dit vendredi "indigné" face à des actes "favorisés par l'attitude 'pousse-au-crime' de certains élus".

"Pourchasser une population, détruire ses (rares) biens, à cause de son origine, c'est un crime digne d'une triste époque de notre histoire, qui n'a plus sa place dans notre République", déclare l'élu du MoDem dans un communiqué. "Hier, on pointait du doigt les Roms, aujourd'hui on brûle leurs habitations, mais jusque où ira-t-on ? La chasse aux Roms a-t-elle commencé?"

Edité par Yves Clarisse

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  • chatnour le vendredi 28 sept 2012 à 23:43

    Cette situation était prévisible et on peut d'ailleurs s'étonner qu'elle ne se produise que maintenant et "que" à Marseille et si elle se produit à Marseille, c'est dire si elle est en germe partout ! Quant à cette lopette de gaudin (sans majuscule), sa réaction est sans commentaire ! Faux-cul comme il n'est pas même permis ! Bientôt, fleuriront les milices et partout, - et on ne peut que les encourager - c'est la rançon du laxisme des pouvoirs publics -et surtout du laxisme de la justice !

  • chatnour le vendredi 28 sept 2012 à 23:38

    Je voudrais d'ailleurs être sur que la télé suisse, si ça se produisait en Suisse, se gargariserait à faire des reportages là-dessus ! Je suis même presque sur du contraire, mais non, chez nous, la télé est phagocytée par des journaleux de merde, tous plus islamo-gauchos-bobos et homosexuels les uns que les autres ! Alors, tous copains de bertrand-de-la-jaquette-qui-flotte, vous m'avez compris ...

  • chatnour le vendredi 28 sept 2012 à 23:33

    @4333993 : +1 ! Cessons je vous prie de faire dans le misérabilisme ! ce sont toujours avec ces "bons sentiments" que l'on s'est fait b.aiser ! C'est le coup de la nana avec un gosse de 6 mois, probablement pas à elle, au feu rouge ! On est vraiment trop c.ons en France ! Que je sache, ils ne vont pas en Suisse ni dans les pays anglo-saxons ! non, ils viennent en France car ils savent qu'on a une législation de lopes et de PD, sans cou.illes au cul, pardon, mais ça me met hors de moi !

  • janaliz le vendredi 28 sept 2012 à 21:47

    Même si humainement parlant on peut regretter de telles situations, le rejet de l'autre et l'exaspération montent dans toutes les communautés, je dis bien communautés. La cause en est la défaillance de l'état. Nous sommes au bord de la guerre civile. Et là plus rien ne sera contrôlable. Nos politiques ne font qu'exacerber les situations sans vouloir en mesurer l'ampleur et les conséquences. Combiné à l'extrémisme religieux le mélange risque d'être détonnant. Merci pour tout mrs les politiques !

  • M8637171 le vendredi 28 sept 2012 à 20:27

    Il est sûr que les roms ne peuvent n'avoir peur ni de notre police et ni de notre justice car il n'existe pas de lois pour les empêcher d'être sur le sol Français sans travail. Mais ils peuvent effectivement avoir peur de la population qui les rejette.

  • M8637171 le vendredi 28 sept 2012 à 20:13

    Mais ceux qui ne travaillent pas, volent, vendent de la drogue, manifestent du racisme une opposition à nos valeurs, se regroupent en communauté et ne sont pas inquiétés ou très peu par la police sont rejetés à partir d'un seuil de pourcentage par rapport à la population proche.

  • M8637171 le vendredi 28 sept 2012 à 20:08

    Nous avons atteint des limites sociologiques. Notre nation ne peut plus accepter autant de misère, autant de délinquances et autant de croyances différentes. L'état laxiste sur l'endettement a été aussi et surtout laxiste sur l'immigration. L'intégration se manifeste par le travail. Un étranger qui travaille et respecte nos valeurs ne provoque aucun rejet.

  • TONAR22 le vendredi 28 sept 2012 à 18:02

    et après ces sarrazins évacueront des quartiers de gaulois comme ils ont fait pendant des siècles aux serbes au kosovo !

  • chatnour le vendredi 28 sept 2012 à 17:55

    A la bonne heure ! C'était prévisible et ça fait déjà un moment qu'on le dit : Face aux carences de l'Etat ou des collectivités qui se défaussent ou opposent des préalables judiciaires, ça devait arriver et ce n'est qu'un début ! Monde de bisounours, sur-judiciarisation de tout ce qui concerne notre quotidien, y compris sur des évidences, il ne faut pas être surpris et bien entendu, on aura des milices, c'est inéluctable !

  • M4333993 le vendredi 28 sept 2012 à 17:13

    Je suggère à M. Bouaroua d'ouvrir toutes grandes les portes de sa résidence pour y accueillir tous ces Roms "dans des conditions acceptables". Après tout quand on veut donner des leçons de morale, on commence par les appliquer à soi même et avec son propre pognon svp ! Ras le bol de l'assistanat permament !