Versace est ouvert à des investisseurs extérieurs

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LA MAISON VERSACE SE DIT PRÊTE À DISCUTER AVEC DES INVESTISSEURS EXTÉRIEURS
LA MAISON VERSACE SE DIT PRÊTE À DISCUTER AVEC DES INVESTISSEURS EXTÉRIEURS

MILAN (Reuters) - La maison italienne de haute couture Versace est prête à céder une partie de la société à des investisseurs extérieurs afin de financer son développement sur des marchés étrangers comme l'Asie, a dit jeudi l'administrateur délégué Gian Giacomo Ferraris.

Mais il a ajouté que Versace ne discutait avec aucun investisseur potentiel à l'heure actuelle.

Fondé en 1978 par Gianni Versace, le groupe fait face à la même problématique que Missoni, Roberto Cavalli et Giorgio Armani: maintenir le groupe dans le giron familial ou renoncer à une partie du contrôle afin de réaliser les investissements nécessaires au rattrapage des concurrents ayant opté pour cette solution.

L'Italie, dont l'économie repose beaucoup sur des entreprises familiales, n'a pas réussi à créer des conglomérats sur le modèle des français LVMH et PPR.

"La famille est désormais consciente que nous devons saisir l'opportunité et financer notre croissance", a déclaré Gian Giacomo Ferraris lors d'un entretien accordé à Reuters.

Mais des soucis relatifs à la valorisation du groupe et à son contrôle exercé par Donatella Versace, sa fille Allegra âgée de 26 ans et son frère Santo, ont retardé la mue du groupe, selon des sources proches du dossier.

Allegra a hérité à l'âge de 11 ans de 50% des parts du groupe qui appartenaient à son oncle et a rejoint le conseil d'administration en 2011. Son droit de regard serait primordial dans l'optique d'un accord. Sa mère Donatella est propriétaire de 20% et son frère des 30% restants.

"Nous nous demandons à quelle vitesse nous irions si au lieu d'une Mercedes nous possédions une Ferrari", a ajouté l'administrateur délégué.

Gian Giacomo Ferraris a également déclaré que le groupe n'avait fixé aucune date butoir pour un accord et pouvait atteindre ses objectifs de croissance sans aide extérieure.

Une introduction en bourse, comme pour ses concurrents Prada et Salvatore Ferragamo, pourrait être une option. "Nous sommes conscients que cela pourrait être la direction à suivre mais pas dans l'immédiat", a-t-il précisé.

Selon la valorisation actuelle des groupes de luxe à 15 fois leur EBITDA, Versace pourrait être estimé à plus de 690 millions d'euros, sur la base des résultats bruts de 2012.

Le groupe a fait état jeudi d'un bénéfice avant impôt, intérêts, dépréciations et amortissements en hausse de 20% à 46 millions d'euros en 2012.

Le chiffre d'affaires a augmenté de 20% à 408,7 millions d'euros l'an passé, soit plus que la moyenne du secteur.

Versace gère 93 boutiques dans le monde.

Eric Billingham, Constance De Cambiaire pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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