Vers une victoire de la coalition emmenée par Modi en Inde

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LA COALITION EMMENÉE PAR NARENDRA MODI EN PASSE DE TRIOMPHER AUX LÉGISLATIVES INDIENNES
LA COALITION EMMENÉE PAR NARENDRA MODI EN PASSE DE TRIOMPHER AUX LÉGISLATIVES INDIENNES

NEW DELHI (Reuters) - Le nationaliste hindou Narendra Modi est assuré de devenir le futur Premier ministre de l'Inde au vu des résultats des élections législatives indiennes en cours de dépouillement vendredi, qui prédisent une victoire éclatante de sa coalition.

L'alliance conduite par le parti Bharatiya Janata (BJP) est en tête dans 335 circonscriptions sur les 543 que compte la "Chambre du peuple" (Lok Sabha). Sans ses alliés, le BJP est déjà crédité de 278 sièges, alors que la majorité nécessaire pour former un gouvernement est de 272 sièges.

Ce triomphe annoncé d'un candidat favorable aux milieux d'affaires a été salué par une forte progression des marchés financiers à New Delhi. Les partisans du BJP ont fêté le résultat en dansant, en tirant des fusées d'artifice ou en distribuant des friandises.

"Les tendances indiquent que c'est un raz-de-marée", a déclaré le président du BJP, Rajnath Singh, dans un message posté sur Twitter.

Jamais un parti n'avait obtenu de victoire aussi nette en Inde depuis l'éclatant succès du Parti du Congrès après l'assassinat en 1984 d'Indira Gandhi, alors Premier ministre.

Les résultats partiels montrent que le Parti du Congrès (centre gauche), la formation au pouvoir depuis dix ans, et ses partenaires réunis au sein de l'Alliance progressiste unie, ne sont en tête que dans 65 circonscriptions, ce qui constitue une déroute historique pour le parti de Gandhi et Nehru.

L'héritier de la famille Gandhi, Rahul, n'est lui-même que légèrement en tête dans sa circonscription d'Amethi, un bastion familial tenu successivement par son oncle, son père et sa mère Sonia.

"C'est assez peu réjouissant pour le moment", a déclaré Abhishek Manu Singhvi, du Parti du Congrès, précisant toutefois qu'il attendait des résultats définitifs.

VERS UN CABINET PLUS RESSERRÉ?

Narendra Modi est assuré de l'emporter dans l'une des deux circonscriptions dans lesquelles il s'est présenté, à Vadodara dans son Etat du Gujarat, où il dispose d'une avance d'un demi-million de voix. Il est aussi en tête dans la deuxième circonscription, à Varanasi dans l'Uttar Pradesh.

Modi, 63 ans, est le premier candidat déclaré au poste de chef du gouvernement à briguer les suffrages des électeurs de Varanasi ou Bénarès, ville sainte des hindous.

Son choix a été largement interprété comme la volonté de renforcer son emprise sur les nationalistes hindous, pour lesquels l'Inde est avant tout un pays hindou.

Ses adversaires y voient les ferments d'une nouvelle radicalisation des relations avec la minorité musulmane, à l'image des émeutes interreligieuses de 2002 dans le Gujarat qui avaient fait plus de 1.000 morts, des musulmans pour la plupart.

Mais la question des tensions religieuses a été reléguée à l'arrière-plan lors de la campagne, avant tout dominée par des enjeux économiques.

S'appuyant sur la réussite économique de son Etat du Gujarat qu'il a gouverné pendant douze ans, Narendra Modi a promis de débloquer une série d'investissements dans les infrastructures pour relancer la croissance économique, dont le taux est tombé à moins de 5%, son plus bas niveau en dix ans. Il s'est également engagé à réformer les impôts et le marché du travail et d'ouvrir progressivement le pays aux investisseurs étrangers.

Contrairement à ses prédécesseurs, Modi ne sera pas tenu de s'allier à des partenaires indisciplinés pour mener ses réformes. "Il peut se permettre de former un cabinet resserré, donc plus efficace. Il a préconisé moins de gouvernement et plus de gouvernance", se félicite Navneet Munot, responsable d'investissement du fonds SBI Funds Management à Bombay.

Mais face au ralentissement de la croissance et à une forte inflation, l'impatience de la population est grande de voir la situation économique s'améliorer.

"Les gens ne lui donneront pas beaucoup de temps pour produire des résultats", estime Neerja Chowdhury, ancien éditorialiste à l'Indian Express.

(Sruthi Gottipati et Shyamantha Asokan; Henri-Pierre André, Simon Carraud et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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