Vers une récession américaine en 2017 ? (Jean-Paul Betbèze)

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Pour Jean-Paul Betb�ze, apr�s un cycle économique de hausse, il faut s'attendre à un cycle de baisse un jour ou l'autre aux Etats-Unis.
Pour Jean-Paul Betb�ze, apr�s un cycle économique de hausse, il faut s'attendre à un cycle de baisse un jour ou l'autre aux Etats-Unis.

Pour Jean-Paul Betbèze du Cercle des économistes, la croissance américaine exceptionnelle de ces derniers trimestres ne serait pas tenable à moyen terme. Exprimant son point de vue dans Les Echos du mercredi 25 février, l'économiste voit une fin de cycle d'ici deux ans.

Tout au long de l'année 2014, les Etats-Unis n'ont cessé de surprendre positivement les marchés par le dynamisme de leur reprise économique. Avec une croissance annuelle de l'ordre de 2,6% en 2014 et un chômage qui ne cesse de se résorber (atteignant désormais 6% de la population active), l'économie américaine semble clairement remise sur les rails.

« Ils vont ralentir puis entrer en récession »

Pourtant, Jean-Paul Betbèze ne se montre pas convaincu sur la durabilité de la reprise actuelle. Publiant une chronique dans Les Echos, l'économiste va même jusqu'à envisager un retour à la récession de l'économie américaine dans deux ans.

« Les Etats-Unis ne vont pas tirer encore longtemps encore une croissance mondiale qui faiblit », affirme-t-il d'emblée. L'économiste se montre implacable sur les Etats-Unis : « Ils vont ralentir [...] puis entrer en récession ».

« Jusqu'ici, ils ont bien réussi leur sortie de crise grâce à un étonnant sursaut de rentabilité [...]. Depuis, un léger tassement s'installe, mais il n'inquiète pas encore ».

Cinq étapes vers la déflation

Jean-Paul Betbèze explique le scénario qu'il envisage pour les années à venir. Selon lui, l'éventuel ralentissement américain envisagé se ferait en cinq étapes qu'il détaille.

Première étape : une « sortie de crise par le profit ». Pour Jean-Paul Betbèze, cette phase serait déjà terminée, citant des exemples de mesures prises aux Etats-Unis ces dernières années pour faire remonter les profits des entreprises. La politique monétaire accommodante de la Fed ferait partie de ces mesures.

Seconde étape : une « normalisation par la hausse des taux courts américains en 2015-2016 ». Autrement dit : une remontée des taux de la Fed, régulièrement évoquée depuis plusieurs mois pour éviter une surchauffe de l'économie.

Troisième étape : un renforcement du dollar face aux principales devises étrangères, notamment l'euro et le yen pilotés par des banques centrales qui seraient encore en pleine phase de politique monétaire accommodante (par le « quantitative easing »).

Quatrième étape : baptisée « effet falaise » par l'économiste, il s'agirait cette fois-ci d'une forte remontée des taux longs de la Fed à l'horizon 2016-2017. La banque centrale américaine devrait revendre contractuellement certains actifs qu'elle a achetés lors des précédents plans de « quantitative easing », créant l'effet inverse d'une relance monétaire.

Cinquième étape : retour à une « récession américaine » en 2017. Provoquée par l'étape n°4 et renforcée par un dollar désormais trop haut par rapport à l'euro, les profits des entreprises américaines en pâtiraient et le cycle économique s'inverserait.

Une baisse pour mieux repartir ensuite

Pourtant, le retour à une récession américaine n'est clairement pas le scénario qui semble actuellement envisagé par les investisseurs alors que les principaux indices boursiers américains restent bien orientés.

L'économiste tempère lui-même ses propos, soulignant également que cette éventuelle récession ne serait selon lui qu'une pause pour mieux repartir par la suite. On serait donc loin d'un scénario de « crise catastrophe » tel qu'on l'a connu en 2008. Simplement, l'économie américaine pourrait souffrir d'une éventuelle remontée du dollar qui se produit avec la divergence des politiques monétaires employées en Europe et aux Etats-Unis.

X. Bargue

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  • mletour2 le jeudi 26 fév 2015 à 15:16

    dans 3 ans on ne se mouille pas trop; pour l'instant la remontée des taux US n'a même pas commencé, alors on est loin d'un retournement sur ces bases