Vers une prorogation des négociations sur le nucléaire iranien

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(Actualisé avec Fabius et ministère russe des Affaires étrangères) NEW YORK/ANKARA, 13 novembre (Reuters) - Malgré près d'un an de négociations, il est peu probable que l'Iran et les six grandes puissances parviennent avant la date butoir du 24 novembre à conclure un accord définitif qui permette la levée des sanctions internationales contre l'Iran en échange de restrictions à son programme nucléaire, ont estimé mercredi plusieurs responsables. Des responsables occidentaux comme russes ont dit à Reuters que les deux parties s'accorderaient sans doute sur un nouvel accord transitoire qui amplifie l'assouplissement limité des sanctions qui avait été décidé voici un an. "Nous pourrions voir se dessiner les contours d'un accord définitif le 24 novembre, mais ce ne sera pas encore l'accord proprement dit", a estimé un responsable occidental. L'Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne, ainsi que Catherine Ashton, ex-représentante de la diplomatie de l'Union européenne, sont engagés dans des négociations qui se déroulent à Bruxelles, au sultanat d'Oman ou encore à Vienne. Publiquement, tout le monde déclare qu'il est encore possible de parvenir à un accord final. Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius n'a pas dit autre chose. "Je souhaite qu'on puisse parvenir à un accord mais il y a encore des questions importantes à régler", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un entretien avec son homologue italien Paolo Gentiloni. "Je ne peux pas faire de pronostics à l'heure actuelle mais je pense que c'est seulement le jour du 24 qu'on pourra faire le bilan", a-t-il ajouté. NOUVELLE DATE BUTOIR EN MARS? En privé, les attentes à l'approche de la dernière semaine de négociations, qui commencera mardi prochain à Vienne, sont considérablement plus modestes. "Ce qui est très probable, c'est que l'on en arrive à une version plus précise de l'accord de Genève (accord de transition, conclu voici un an), suffisante pour répondre à la récession que connaît l'Iran et aussi pour prolonger les négociations", a déclaré un haut responsable iranien. Pour certains diplomates, une simple prorogation des négociations est possible, et la nouvelle date butoir, à en croire un responsable iranien, pourrait être le mois de mars. Elles avaient déjà été prolongées de quatre mois en juillet. Jeudi, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a appuyé cette hypothèse. "Il n'est pas exclu qu'il nous faille davantage de temps pour parvenir à un compromis qui bénéficierait à tout le monde", a déclaré Alexandre Loukachevitch. "On a beaucoup parlé du fait qu'il va être difficile de respecter la date butoir. Mais qu'est-ce qui est le plus important, la date butoir ou un véritable accord?", a-t-il demandé. (Louis Charbonneau et Parisa Hafezi, avec John Irish à Paris et Vladimir Soldatkin et Thomas Grove à Moscou; Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français)

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