Vers une hausse de 2 à 3% des prix du gaz au 1er janvier

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INFO LE FIGARO - Le 1er janvier, les prix n'auraient dû augmenter que de 0,8 %, selon l'application de la formule. Mais le gouvernement doit procéder à un rattrapage pour toutes les hausses qui n'ont pas été décidées auparavant.

La ministre de l'Énergie, Delphine Batho, dévoilera lundi ses décisions en matière de tarifs du gaz. Une communication qui devrait s'articuler autour de quatre volets, tous âprement discutés - et cela devrait continuer jusqu'à la dernière minute.

Le premier - et le plus attendu -, c'est l'évolution de ces prix au 1er janvier prochain. Selon nos informations, la hausse des tarifs réglementés, qui concerne 10 millions de foyers français, devrait être de 2 à 3 %. C'est en tout cas ce qui ressort des récents échanges sur le sujet entre les pouvoirs publics, GDF Suez et la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui rend un avis consultatif sur les mouvements tarifaires. La mesure peut toutefois être arbitrée jusqu'au dernier moment par le gouvernement.

Deuxième point: le nombre de personnes bénéficiant des tarifs sociaux du gaz pourrait sensiblement augmenter, passant de 400 000 ­actuellement à près de 1,5 million.

Ensuite, la ministre présentera les résultats des travaux relatifs à l'optimisation des coûts d'approvisionnement de GDF Suez. Le gouvernement a déjà indiqué par le passé son souhait de voir l'entreprise renégocier ses contrats de long terme pour mieux profiter de la baisse des prix du gaz constatée sur les marchés.

Enfin, le gouvernement doit trancher le dossier terriblement complexe du calcul des tarifs du gaz. C'est en principe une formule mathématique qui guide ce calcul, effectué chaque trimestre.

«Tripatouillage»

Dans les faits, les gouvernements ont souvent ignoré le résultat de l'équation pour éviter de procéder à des hausses trop fortes. La ministre pourrait finalement choisir de simplement amender la formule de ­calcul et d'augmenter - de 26 % à 30 % - le poids des prix de marché au détriment de celui des contrats d'approvisionnement à long terme.

Le 1er janvier prochain, une fois n'est pas coutume, les prix n'auraient dû augmenter que de 0,8 %, selon le calcul légal. Mais le gouvernement doit procéder à un rattrapage pour toutes les hausses qui n'ont pas été décidées auparavant, ce qui a depuis été sanctionné par le Conseil d'État. En octobre, les prix avaient été relevés de 2 %, au lieu de 6 %, par exemple.

«Nous ne voulons plus que la fixation des prix du gaz soit politisée à ce point et que la formule de calcul subisse régulièrement des "tripatouillages", souligne Fabien Choné, président de l'Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui réunit les concurrents de GDF Suez et avait fait appel au conseil d'État. Si la majoration normale - à hauteur de 5 % - n'est pas appliquée début janvier, nous porterons l'affaire devant la Commission européenne.»

Fabien Choné a fait les comptes: «Avec les gels partiels qui se sont succédé tout au long de cette année, en janvier, avril et juillet, nous sommes confrontés à des rattrapages qui dépassent même allègrement les 5 %. Limiter la hausse des prix du gaz par pure volonté politique, c'est entraver toute ­possibilité de concurrence, alors que celle-ci pourrait conduire GDF Suez à proposer des offres inférieures aux tarifs réglementés pour le plus grand bénéfice du consommateur.»

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