Vers une hausse de 0,6% des péages, Ségolène Royal proteste

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VERS UNE HAUSSE DE 0,6% DES PÉAGES
VERS UNE HAUSSE DE 0,6% DES PÉAGES

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les sociétés d'autoroutes ont proposé d'augmenter d'environ 0,6% en moyenne les tarifs des péages en 2015, selon un document préliminaire obtenu par Reuters qui sera présenté vendredi au Comité des usagers, une hausse jugée "inadmissible" par la ministre Ségolène Royal.

Ce calcul, établi à partir des hausses envisagées sur les sept principaux réseaux autoroutiers, n'est pas pondéré selon le poids respectif des différents axes.

La plus forte augmentation serait enregistrée sur le réseau ASF de Vinci (+1,13%) et la plus faible (+0,27%) sur le Réseau SAPN exploité par le groupe Sanef, filiale de l'espagnol Abertis, et sur le réseau Cofiroute de Vinci.

Parmi les autres grands tronçons, les péages pourraient augmenter de 0,7% sur le réseau APRR (Paris-Rhin-Rhône) du groupe Eiffage, toujours selon le document.

L'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA) a refusé de faire un commentaire.

Une telle augmentation moyenne serait la plus faible de ces dernières années, après une hausse de 1,29% en 2014, +2,01% en 2013, +2,5% en 2012 et +2,2% en 2011.

Mais dans le contexte actuel de défiance vis-à-vis des concessionnaires autoroutiers, accusés par l'Autorité de la concurrence de bénéficier d'une "rente", l'augmentation proposée a suscité les protestations de Ségolène Royal.

"Je trouve l'annonce assez inadmissible (...) Nous sommes en pleines négociations avec elles, donc c'est une forme de provocation", a déclaré la ministre de l'Ecologie.

"Les autoroutes bénéficient de concessions publiques et dans ce cadre nous sommes en train de réviser les règles du jeu et surtout de leur demander comment elles comptent compenser le trop-perçu sur les automobilistes tel que constaté par le rapport de la Cour des comptes. Donc elles étaient censées faire le contraire."

"RESPONSABILITÉ POLITIQUE"

Même tollé chez l'association "40 millions d'automobilistes" qui siège au Comité des usagers, censé valider les augmentations de tarifs des péages qui interviennent chaque année le 1er février.

"Les sociétés d'autoroutes nous font le coup de la hausse la plus basse, mais au final c'est toujours une hausse, alors que les politiques ont promis de faire baisser les péages", déclare Pierre Chasseray, délégué général de l'Association.

"Cela pose un problème de responsabilité politique et j'appelle le gouvernement à ne pas valider ces augmentations."

Pour leur défense, les sociétés concessionnaires expliquent que les péages évoluent selon une formule reflétant pour l'essentiel le dernier taux d'inflation en vigueur et pour le reste les investissements demandés par l'Etat et les opérateurs, ainsi que la répercussion éventuelle des nouvelles taxes.

"40 millions d'automobilistes" espère mobiliser les usagers en faisant valoir que l'inflation, actuellement en France à ses plus bas niveaux depuis cinq ans, ne compte que pour 0,38% des hausses proposées.

Ségolène Royal et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, cherchent un moyen de rééquilibrer les relations entre les concessionnaires, l'Etat et les usagers, notamment à l'occasion de la mise en oeuvre du plan de relance autoroutier de 3,2 milliards d'euros.

Mais leur marge de manoeuvre est très limitée sur les contrats actuels, et la principale réforme qui devrait être annoncée le mois prochain a pour le moment trait au renforcement de la supervision des autoroutes.

(Avec Michel Rose, édité par Dominique Rodriguez)

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  • M156470 le jeudi 27 nov 2014 à 15:41

    Protester vainement n'est pas AGIR !