Vers une durée de cotisation plus longue

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Le dossier des retraites ne pourra pas être évité durant le quinquennat. François Hollande a esquissé quelques pistes lors de son intervention télévisée jeudi.

Les contours de la future réforme des retraites se précisent. Certes, François Hollande n'a rien tranché, jeudi soir sur France 2. Mais il a indiqué, et c'est une première, qu'il compte jouer sur la durée de cotisation. «Comme on vit plus longtemps (…) il va falloir avoir des durées de cotisation plus longues», a-t-il justifié, évacuant ainsi sans le dire la question d'un report de l'âge de la retraite. Cette mesure était difficilement envisageable pour un pouvoir socialiste qui a procédé, comme première mesure symbolique après son retour aux commandes, à un retour partiel de l'âge de départ à 60 ans à l'été dernier et ce, après s'être opposé au report à 62 ans lors de la réforme Woerth de 2010.

«On se félicite que la durée de cotisation soit mise en avant, c'est le levier le plus juste», approuve Jean-Louis Malys, le «M. Retraite» de la CFDT. Chez FO, le ton n'est pas le même. L'allongement de la durée de cotisation est un casus belli. «Les gens ne sont pas prêts à travailler plus longtemps», a prévenu Jean-Claude Mailly, son secrétaire général.

Allonger la durée de cotisation n'est de toutes les façons qu'une solution qui rapporte à long terme. Pour le court terme, François Hollande entend jouer sur deux autres leviers - dont il a peu voire pas parlé jeudi soir - pour trouver les 20 milliards d'euros qui manqueront aux régimes retraite d'ici à 2020.

Une baisse du pouvoir d'achat

D'abord, la hausse des cotisations. Les syndicats contestataires CGT et FO devraient approuver, la CFDT tiquer et le Medef s'y opposer. Les entreprises ont des marges réduites comme jamais, pas question d'augmenter leurs charges, défend-t-on en substance côté patronal.

Le deuxième levier évoqué par Hollande, «l'indexation» des retraites sur les prix, est encore plus périlleux à manier. Jusqu'à présent, les retraites augmentent chaque année en fonction de l'inflation. Remettre ce principe en cause revient donc à rogner le pouvoir d'achat des pensionnés. Malgré tout, les partenaires sociaux s'y sont résignés début mars pour sauver de la faillite les régimes complémentaires. Une mesure qui entrera en application lundi.

Pour limiter la casse et les contestations, Hollande a donc fixé deux limites. D'abord, «s'il y avait une mesure en ce sens, les plus modestes seraient épargnés». Qui précisément? Les bénéficiaires du minimum vieillesse, ceux qui profitent d'un taux réduit de CSG, ou seulement ceux qui en sont exemptés? Trop tôt pour le dire. Le chef de l'État a apporté une deuxième garantie: «On ne remettra pas en cause le droit fondamental des retraités au maintien de leur pension.» Traduction de l'un de ses proches à l'Élysée: «En aucune manière, une pension de 1 000 euros ne descendra à 999 euros.»

Pour les détails des mesures, il faudra attendre. Une commission d'experts rendra un rapport en juin et les partenaires sociaux seront consultés durant l'été. François Hollande l'a dit lui-même: le réglage des paramètres «sera l'objet de la négociation avec les partenaires sociaux». Pour un texte final qu'il entend boucler avant la fin de l'année.

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  • roulio86 le mercredi 17 avr 2013 à 08:24

    c'est vraiment n'importe quoi on rallonge la durée de cotisation mais l'age de départ reste le même...qu'on m'explique!.....

  • sengenes le mercredi 3 avr 2013 à 17:47

    Si on rallonge la durée des cotisations, on rallonge également le départ à la retraite, si à 60 ansvous avez tous vos trimestres on vous demande d’en cotiser 2 ou 3 de plus et bien vous partez à 62 ans……Donc départ à la retraite à 65 ans pour tous le monde, public (les fonctionnaires déjà peuvent partir à 65 ans) et privé (les sédentaires principalement, pour les métiers pénibles cela est à voir)