Vers une abstention record au premier tour des municipales

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VERS UNE ABSTENTION RECORD AU PREMIER TOUR DES MUNICIPALES
VERS UNE ABSTENTION RECORD AU PREMIER TOUR DES MUNICIPALES

PARIS (Reuters) - L'abstention devrait atteindre un niveau sans précédent pour le premier tour de municipales dimanche en France, accentuant le risque d'un vote sanction pour François Hollande et son gouvernement.

Les instituts CSA, Harris Interactive, Ifop et TNS Sofres projettent un taux autour de 35%, ce qui constituerait un nouveau record pour le scrutin qui mobilise traditionnellement le plus les électeurs après la présidentielle.

OpinionWay l'anticipe pour sa part à 36% et Ipsos/Steria à 38,5%, soit cinq points de plus que lors du premier tour des précédentes municipales de 2008.

A 17h00, une heure avant la clôture des bureaux de vote dans la majorité des municipalités - mais trois heures avant la fin des opérations de vote dans les grandes villes - 54,72% des quelque 45 millions d'électeurs avaient voté, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.

Par comparaison, ils étaient 56,25% à s'être déplacés aux urnes à la même heure du premier tour il y a six ans.

Deux ans après son retour au pouvoir, un tel niveau d'abstention pourrait jouer contre le Parti socialiste, qui avait réalisé un score historiquement élevé aux municipales de 2008 en profitant alors de la forte impopularité de Nicolas Sarkozy.

François Hollande a voté à 11h00 à Tulle (Corrèze), ville dont il fut le maire jusqu'en 2008.

Le Front national table sur un désaveu du chef de l'Etat dans les urnes, au moment où sa cote de popularité dépasse à peine 20%, et sur les affaires qui ébranlent à droite l'UMP pour tirer son épingle du jeu et imposer un maximum de triangulaires au deuxième tour, le 30 mars.

LES TRIANGULAIRES POURRAIENT GÊNER L'UMP

La formation présidée par Marine Le Pen, qui présente 596 listes, espère renouer avec ses succès de 1995 en obtenant un millier d'élus, contre une cinquantaine aujourd'hui. Elle vise aussi la victoire dans des villes comme Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Tarascon (Bouches-du-Rhône), Saint-Gilles (Gard) ou Brignoles (Var).

Sur la défensive, le Parti socialiste paraît en position de sauver la mise dans les plus grandes villes, à commencer par Paris, où un duel très médiatique oppose la PS Anne Hidalgo et l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, et Lyon.

Il pourrait y ajouter Marseille, où le scrutin s'annonce serré entre le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin et le socialiste Patrick Mennucci.

L'UMP scrute les villes de plus de 9.000 habitants (près de 1.100 municipalités) où la gauche est pour l'instant majoritaire à 54,5% et compte inverser le rapport de forces.

Elle pense aussi avoir des chances dans des villes de 30.000 à 100.000 habitants tenues par la majorité comme Reims, Angers, Saint-Etienne, Metz, Belfort, Valence, Rodez, Laval, Amiens, Tourcoing, La Seyne-sur-Mer.

L'un des objectifs de l'UMP est d'augmenter le nombre de grands électeurs de la droite pour les élections sénatoriales de fin septembre (178 sièges à renouveler) et reprendre le pouvoir à la Haute Assemblée.

Un nombre élevé de triangulaires au second tour pourrait cependant contrarier ses espoirs de "vague bleue". Alors que le seuil de maintien au second tour a été abaissé à 10% des suffrages exprimés, les instituts de sondage tablent sur au moins 150 triangulaires, voire plus de 200 pour certains. Par comparaison, le Front national s'était maintenu dans 138 villes au second tour en 1995.

(Yann Le Guernigou)

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