Vers un timide rebond économique après une sombre année 2013

le
1
APRÈS UNE SOMBRE ANNÉE 2013, LA FRANCE DEVRAIT CONNAÎTRE UN TIMIDE REBOND ÉCONOMIQUE EN 2014
APRÈS UNE SOMBRE ANNÉE 2013, LA FRANCE DEVRAIT CONNAÎTRE UN TIMIDE REBOND ÉCONOMIQUE EN 2014

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La France devrait connaître une timide embellie économique en 2014 après une quasi-stagnation en 2013, une année marquée par un chômage record et un discours gouvernemental jugé anxiogène.

Les économistes prévoient que le PIB augmentera de moins de 1% l'an prochain, principalement grâce à une amélioration globale en Europe, ce qui n'aidera guère la France à réduire ses déficits et pourrait ne pas suffire à redresser l'emploi.

L'Insee a annoncé jeudi prévoir une croissance de 0,2% aux premier et deuxième trimestres, insuffisante pour inverser la courbe du chômage qui se stabiliserait à 11,0% fin juin.

L'institut souligne notamment que le redémarrage espéré de l'investissement des entreprises devrait être trop faible pour être un vrai moteur pour la croissance.

Déçus par une réforme des retraites qu'ils ont jugée trop timide, les partenaires de la France et de nombreux économistes espèrent que l'exécutif accélèrera le rythme des réformes après les élections municipales de mars et les européennes de mai.

Le gouvernement nie tout ralentissement sur ce front et dispose d'arguments en sa faveur comme le récent accord des partenaires sociaux sur la formation professionnelle, la loi Hamon sur la consommation ou les réformes annoncées du travail du dimanche et du statut de l'entrepreneur individuel.

Le flou règne en revanche sur les objectifs de la "remise à plat" de la fiscalité, annoncée par surprise.

L'exécutif évite en particulier de préciser si elle pourrait déboucher sur une baisse des prélèvements sur les entreprises, ce qui prolongerait l'effort pour la compétitivité engagé avec la création du CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi).

"TOTALE CONFUSION"

En cette période de sortie de crise laborieuse, de chômage élevé et de hausses d'impôts, le flou de la communication gouvernementale ne fait rien pour arranger les choses.

"Il y a un problème de confusion en France. Il n'est pas sûr qu'il y ait une direction claire et précise", estime Philippe Gudin, chef économiste Europe de Barclays.

"Ne pas assumer la politique qui est menée et avoir un discours extrêmement confus, en brouillant les pistes, ça ne marche pas. Ça donne une impression de totale incohérence et de totale confusion", ajoute-t-il. "Cette incertitude pèse sur la confiance."

Une haute personnalité de l'Etat abonde dans le même sens: "Les Français vont mal et ce mal est encouragé par le manque de cohérence", dit-elle, et "les investisseurs étrangers nagent dans un océan d'instabilité".

Un constat illustré par l'appel à l'action lancé cette semaine au gouvernement par 50 responsables de multinationales, selon qui les "avancées" depuis l'élection de François Hollande "ne sont pas toujours suffisantes pour convaincre nos sièges mondiaux" d'investir en France.

"Il y a des réformes positives mais la communication est désastreuse", résume un haut fonctionnaire proche du PS.

L'exemple emblématique de ces ratés est la cacophonie qui prévaut depuis l'été sur la fiscalité, avec l'annonce d'une "pause", la création de nouveaux impôts, la reconnaissance d'un "ras-le-bol", le recul sur la taxe sur l'EBE et le gel de l'écotaxe, et finalement l'annonce surprise d'une "remise à plat", sans objectif clair.

DÉFI BUDGÉTAIRE

Pour beaucoup, l'urgence est à la réduction des dépenses publiques et non à la refonte de la fiscalité, surtout si elle devait se faire à niveau de prélèvements constant comme l'a indiqué initialement le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Car sur le front des déficits, "2014 ne va pas être une année simple", prédit le premier haut responsable.

Le gouvernement a accentué l'objectif de maîtrise des dépenses pour tenir compte de la contestation des hausses d'impôts. Il prévoit de réaliser 15 milliards d'euros d'économies par rapport à la tendance naturelle de hausse des dépenses publiques et sociales, dont neuf sur l'Etat.

Le faible rebond de la croissance ne lui laisse quasiment aucune marge de manoeuvre car un dérapage par rapport à son engagement de ramener le déficit public à 3,6% du PIB fin 2014 (après 4,1% fin 2013) serait mal accueilli au moment où la France profite déjà à plein du report de deux ans accordé par les Européens pour passer sous les 3%.

Les chiffres du chômage publiés début 2014 permettront de savoir si François Hollande aura réussi son objectif d'inverser la courbe fin 2013.

En l'état actuel, il ne peut y parvenir que par la multiplication des contrats aidés, le retour à des créations nettes d'emplois dans le secteur privé n'étant pas jugé plausible à court terme.

En attendant, les partenaires sociaux s'attelleront début 2014 à la délicate négociation d'une nouvelle convention d'assurance chômage.

Le patronat aimerait durcir les règles d'indemnisation pour inciter au retour à l'emploi et venir à bout du déficit de l'Unedic, ce que refusent les syndicats, soutenus par une partie du gouvernement.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M8252219 le dimanche 22 déc 2013 à 10:52

    au bout de 3 mois de chômage les chômeurs pour continuer à percevoir leurs indemnités devraient obligatoirement suivre une formation dans une activité porteuse d'emplois et s'y tenir

Partenaires Taux