Vers un renforcement des mesures de surveillance après l'attentat de Berlin

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    BERLIN, 27 décembre (Reuters) - Toutes les composantes de la 
grande coalition au pouvoir en Allemagne se sont prononcées pour 
le renforcement des pouvoirs des Länder en matière de 
surveillance et d'expulsion des demandeurs d'asile déboutés, 
après l'attentat du 19 décembre sur un marché de Noël berlinois. 
    La chancelière Angela Merkel, que ses détracteurs accusent 
d'avoir mis l'Allemagne en péril en ouvrant les frontières aux 
réfugiés et aux migrants, s'est elle aussi engagée à prendre de 
nouvelles mesures de sécurité si nécessaire.  
    L'auteur présumé de l'attentat de Berlin, un Tunisien de 24 
ans nommé Anis Amri, était lui-même un débouté du droit d'asile 
qui aurait dû être expulsé. Il a été tué vendredi près de Milan 
par la police italienne.   
    "Nous avons besoin de nouvelles bases pour arrêter les gens 
dangereux", dit la CSU, alliée bavaroise de la CDU d'Angela 
Merkel, dans un projet intitulé "Sécurité pour notre liberté" 
qui sera débattu en interne début janvier.  
    Ses auteurs prônent le renforcement des pouvoirs de la 
police et des services de renseignement, et pour un meilleur 
partage de leurs informations.  
    Ils recommandent en outre l'abaissement de l'âge minimum 
pour la mise surveillance à 14 ans en cas de soupçons de 
radicalisation et un assouplissement des conditions 
d'arrestation des étrangers en instance d'expulsion.  
    L'hostilité jusqu'ici très vivace aux mesures de 
surveillance héritées du passé communiste de l'Allemagne de 
l'Est semble s'éroder. Selon un sondage Yougov, 60% des 
Allemands sont désormais favorables à l'installation de caméras 
dans les lieux publics.  
    Ralf Stegner, vice-président d'un Parti social-démocrate 
(SPD) traditionnellement plus réticent que le camp conservateur 
aux mesures de sécurité, a lui aussi plaidé pour l'arrestation 
de certains demandeurs d'asile déboutés. 
    "Nous devons nous assurer que les gens dangereux ne puissent 
pas disparaître. Ceux qui mettent la sécurité en péril ne 
doivent pas être autorisés à rester en liberté", dit-il dans les 
colonnes de Die Welt.  
    Anis Amri est arrivé en Italie en février 2011 avec d'autres 
migrants, via l'île de Lampedusa. Condamné par la suite pour 
vandalisme, menaces et vol, il a passé près de quatre ans en 
prison dans la péninsule, avant de faire l'objet d'une mesure 
d'expulsion vers son pays d'origine. En l'absence de documents 
prouvant sa nationalité, la Tunisie a toutefois refusé son 
transfert.   
      
 
 (Madeline Chambers, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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