Vers un référendum à l'issue très incertaine au Royaume-Uni

le , mis à jour à 16:15
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    * David Beckham vole au secours du "maintien" dans l'UE 
    * La livre sterling remonte ces derniers jours 
    * L'issue paraît toujours serré, même si le "In" progresse 
dans certains sondages 
 
 (Actualisé avec nouveau sondage, appel de David Cameron) 
    par Michael Holden 
    LONDRES, 21 juin (Reuters) - A 48 heures du référendum sur 
la place du Royaume-Uni dans l'Europe, décisif pour l'avenir de 
l'Union européenne, les sondages font état mardi d'une opinion 
britannique très divisée sur la question et ne dégagent pas une 
tendance claire, même si certaines enquêtes ont noté ces 
jours-ci une remontée du "maintien". 
    Les Britanniques diront jeudi s'ils veulent se retirer de 
l'UE ou s'y maintenir, à l'issue d'une campagne à laquelle se 
sont invités des dirigeants de la communauté internationale, des 
investisseurs et des multinationales pour dire qu'un "Brexit" 
amoindrirait l'influence politique et économique de la 
Grande-Bretagne et provoquerait une onde de choc dans tout le 
monde occidental. 
    Une trentaine de multinationales françaises ont ainsi publié 
mardi dans la presse britannique une tribune pour appeler les 
électeurs du Royaume-Uni à voter en faveur du maintien. 
    "S'il vous plaît, amis britanniques, remain!", lit-on au 
début de ce texte signé par de grandes entreprises de l'Hexagone 
de tous les secteurs, du mutualiste BPCE à BNP Paribas en 
passant par Airbus Group, Bouygues, Orange, Danone ou Michelin. 
    Du côté des dirigeants étrangers, François Hollande et son 
homologue ukrainien Petro Porochenko ont lancé à Paris un appel 
pour le maintien du royaume dans l'UE. 
    François Hollande s'est une nouvelle fois déclaré favorable 
au "Bremain", faute de quoi, a-t-il dit, la France en tirera 
"toutes les conséquences". 
    A Athènes, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a lui 
aussi appelé de ses voeux la victoire du "In", tout en estimant 
que l'UE devait changer. "Tout le monde sait que nous sommes 
tous deux partisans du maintien de la Grande-Bretagne dans 
l'UE", a-t-il dit à l'issue d'un entretien avec le président de 
la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Quel que soit le 
verdict du peuple britannique, nous devons tous réfléchir à la 
phase critique dans laquelle se trouve aujourd'hui l'Union 
européenne", a-t-il ajouté. 
     
    "BRITS DON'T QUIT !", LANCE CAMERON 
    En Grande-Bretagne, chaque camp abat ses dernières cartes. 
Les partisans du "maintien" ont placardé une dernière affiche 
qui représente une porte donnant sur le vide et les ténèbres, 
avec ce slogan: "Si vous sortez, ce sera sans retour". 
    L'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre de football 
David Beckham, fort de son immense célébrité outre-Manche, a 
ajouté mardi sa voix à ceux des défenseurs du "maintien": "Pour 
nos enfants et leurs enfants, nous devons affronter les 
problèmes internationaux ensemble et non pas seuls", a-t-il dit. 
    Le camp du maintien dans l'UE, qui comprend le Premier 
ministre conservateur David Cameron, met l'accent sur ce qu'il 
présente comme les avantages économiques de l'appartenance à 
l'UE et sur les risques posés par un départ. 
    David Cameron a appelé mardi les Britanniques, et notamment 
les personnes âgées, à penser à l'impact d'un Brexit sur le pays 
et sur les générations futures. 
    "Brits don't quit!", a-t-il dit en référence à une citation 
de Churchill lors de la Seconde Guerre mondiale. 
    "Dans l'isoloir, vous serez seul. Vous serez seul avec 
vous-même, en train de prendre une décision qui affectera votre 
avenir, l'avenir de vos enfants et de vos petits-enfants", 
a-t-il dit dans une allocution télévisée solennelle devant le 
10, Downing Street.  
    "Si l'on vote pour le retrait, ce sera irréversible. Nous 
quitterons l'Europe pour de bon, et la génération suivante devra 
en subir les conséquences bien plus longtemps que nous autres", 
a ajouté le Premier ministre. 
    De leur côté, les partisans du retrait enfoncent le clou 
mardi avec ce qu'ils appellent "l'immigration incontrôlée". 
    Un ancien collaborateur de David Cameron, Steve Hilton,  
explique ainsi que de hauts fonctionnaires ont dit sans 
ambiguïté au chef du gouvernement, dès 2012, qu'il ne pourrait 
pas atteindre son objectif de limiter le solde migratoire net à 
quelques dizaines de milliers de personnes. 
    "On nous disait, directement et explicitement, qu'il serait 
impossible pour le gouvernement d'atteindre son objectif tant 
que nous serions membres de l'Union européenne, laquelle, 
évidemment, met en avant la libre circulation des personnes en 
son sein", écrit mardi Hilton, partisan déclaré du Brexit, dans 
les colonnes du Daily Mail. 
     
    LE CAMP DU "IN" TEND A REMONTER, LA LIVRE AUSSI 
    Quant à l'homme d'affaires George Soros, il a écrit dans les 
colonnes du Guardian que si le "Brexit" l'emportait, la livre 
chuterait encore plus lourdement que lors du Mercredi Noir -- la 
 journée du 16 septembre 1992 où la monnaie britannique dut 
sortir de force du mécanisme de change européen.  
    La livre regagne du terrain depuis quelques jours sur la foi 
de certains sondages plus favorables au camp du "In", mais même 
les partisans du "maintien" reconnaissent que l'opinion demeure 
très partagée. La devise britannique a continué de se raffermir 
mardi matin et a touché un plus haut depuis le 4 janvier face au 
dollar, à 1,4788 dollar  GBP=D4 . 
    "La situation s'est améliorée pour le camp du 'maintien' ces 
derniers jours mais cela pourrait toujours être très serré (...) 
J'ai davantage confiance depuis quelques jours", déclarait mardi 
matin le secrétaire d'Etat aux Finances Greg Hands devant des 
investisseurs réunis pour une conférence à Londres. 
    Une enquête de l'institut ORB pour le Daily Telegraph 
crédite le camp du "In" de 53% des intentions de vote contre 46% 
en faveur du Brexit, alors que le précédent sondage ORB/Daily 
Telegraph, il y a une semaine, donnait encore un point d'avance 
aux partisans du "Leave" (sortie de l'UE), à 49% contre 48%. 
    Un sondage de l'institut NatCen pour le Financial Times 
donne le "Remain" à 53% des intentions de vote contre 47% au 
Brexit.  
    En revanche, l'institut YouGov pour le Times donne le camp 
du "Out" à 44% contre 42% pour le "In". Et un autre sondage de 
l'institut Survation voit le camp du Brexit remonter mardi à 
44%, à un point seulement derrière le "In" (45%). Or, dans son 
précédent sondage, publié samedi, le "In" avait encore trois 
points d'avance sur le "Out". 
    La campagne a été suspendue pendant trois jours après 
l'assassinat jeudi dernier de la députée travailliste Jo Cox, 
qui militait pour le "In". Avant ce meurtre, les sondages 
donnaient pour la plupart l'avantage au "Brexit". 
     
    VOIR AUSSI  
    LE POINT sur le référendum de jeudi   
    ENCADRE Modalités du référendum   
    ENCADRE Les points à surveiller après la clôture du scrutin 
  
 
 (Avec Elisabeth O'Leary, John Geddie et Estelle Shirbon; avec 
Elizabeth Pineau à Paris et Renee Maltezou à Athènes; 
Henri-Pierre André, Benoît Van Overstraeten et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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