Vers un procès de la cellule djihadiste de Cannes-Torcy

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 (Actualisé avec nouveaux éléments) 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 14 décembre (Reuters) - Vingt membres présumés de la 
cellule dite de "Cannes-Torcy", soupçonnée d'être impliquée dans 
l'attaque d'une épicerie juive de Sarcelles en septembre 2012, 
sont renvoyés aux assises pour "association de malfaiteurs 
terroriste criminelle", a-t-on appris lundi de source 
judiciaire. 
    Ce groupe est suspecté d'avoir projeté au moins deux autres 
projets criminels : l'un en juin 2013 contre des militaires dans 
le sud de la France, et l'autre, prévu pour début 2014 et qui 
aurait été commis par des djihadistes de retour de Syrie, a 
indiqué une source proche du dossier.  
    Vingt-deux personnes étaient mises en examen dans le cadre 
de cette enquête tentaculaire sur ce groupe de jeunes, pour la 
plupart convertis et récemment radicalisés, gravitant autour de 
Torcy (Seine-et-Marne) et Cannes (Alpes-Maritimes).  
    Un non-lieu a été prononcé à l'encontre de deux d'entre 
elles, conformément aux réquisitions du parquet, a précisé la 
source judiciaire.  
    Après les avoir interpellés, la justice a perdu la trace de 
deux des 20 individus renvoyés aux assises. Des mandats d'arrêt 
ont été émis à leur encontre.  
    L'un est soupçonné d'être rentré au Congo, dont il est 
originaire, selon une source proche du dossier. L'autre, âgé de 
24 ans, engagé à deux reprises dans l'armée de terre, a disparu 
fin 2013, et pourrait se trouver en Syrie, selon des membres de 
sa famille.  
    Un mandat d'arrêt a été émis à l'encontre d'un troisième, 
également soupçonné de se trouver en Syrie.  
    La cellule de Cannes-Torcy, composée de jeunes âgés de 22 à 
33 ans "rompus aux techniques de contre-surveillance", et pour 
la plupart sans activité, s'est formée au début de l'été 2012.  
    Pour l'accusation, il s'agit d'un "groupe composé 
d'individus radicalisés, regroupés autour d'un leader fanatique 
et de projets terroristes aussi divers que funestes". 
     
    RISQUE D'UN PASSAGE À L'ACTE IMMINENT 
    A sa tête, Jérémie Louis-Sidney, dit "Anas".  
    Originaire de Torcy, ce père de quatre enfants, issus de 
trois unions différentes, évoluait entre Cannes et Strasbourg 
(Bas-Rhin). Connu pour de nombreux délits, il s'est radicalisé, 
d'après sa mère, lors d'une incarcération à Grasse, en 2008, dit 
une source proche du dossier. 
    Tué lors d'échanges de tirs avec la police à l'occasion de 
son interpellation à Strasbourg, le 6 octobre 2012, il est perçu 
par l'accusation comme un "islamiste fanatique ne dissimulant 
pas ses velléités de passage à l'acte".  
    Selon l'un des mis en examen, à l'égard duquel un non-lieu a 
été prononcé, il avait proposé de saccager les librairies 
distribuant Charlie Hebdo, dès la parution dans le magazine 
satirique des caricatures du prophète Mahomet, dit une source 
proche du dossier.  
    La rédaction de Charlie Hebdo a été la cible d'un attentat 
qui a fait 12 morts début janvier à Paris.  
    A ses côtés, on retrouve Jérémy Bailly, 28 ans, originaire 
de Sarcelles (Val-d'Oise), et décrit comme son "fidèle 
lieutenant sans scrupules", selon une source proche du dossier. 
    Plusieurs membres de ce groupe sont soupçonnés d'avoir 
participé à l'attentat contre une épicerie casher de Sarcelles, 
le 19 septembre 2012, date à laquelle Charlie Hebdo publiait de 
nouvelles caricatures du prophète Mahomet.  
    Ce jour-là, deux hommes lançaient une grenade de fabrication 
yougoslave contre le magasin, causant d'important dégâts 
matériels et blessant légèrement un client.  
    L'ADN de Jérémie Louis-Sidney a été retrouvé sur la grenade. 
    La découverte d'armes et d'explosifs dans un "box 
conspiratif" illustre par ailleurs, selon l'accusation, le 
risque d'un nouveau passage à l'acte "imminent", avant que le 
groupe ne soit démantelé. 
 
 (édité par Jean-Baptiste Vey) 
 
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