Vers un compromis entre l'Etat et Renault-Nissan-sources

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    * Les discussions progressent vers un accord-sources 
    * Des détails restaient encore à régler jeudi soir 
    * La menace d'une dénonciation de l'accord de 2002 était 
jugée sérieuse-source 
    * Conseil d'administration de Renault vendredi matin 
 
    par Gilles Guillaume et Laurence Frost 
    PARIS, 10 décembre (Reuters) - Les discussions entre l'Etat 
et Renault-Nissan  RENA.PA  7201.T  avancent et devraient 
déboucher sur un compromis, ont indiqué jeudi soir plusieurs 
sources proches du dossier, à la veille d'un conseil 
d'administration de Renault présenté comme décisif. 
    Les réunions de négociations entre les deux principaux 
actionnaires du constructeur automobile français, l'Etat et 
Nissan, se sont enchaînées toute la semaine, avec pour objectif 
de parvenir à un accord avant le conseil de vendredi matin 
présenté comme une "échéance importante" par le PDG Carlos 
Ghosn. 
    "Nous faisons des progrès vers un accord qui rétablira 
l'équilibre de l'alliance", a dit à Reuters une source proche de 
Renault-Nissan. "Mais le compte n'y est pas encore." 
    Du côté du gouvernement, on indique aussi qu'un accord de 
principe a été trouvé sur certains sujets de dispute, mais qu'il 
reste encore à en définir les détails. 
    Faute d'arrangement avant vendredi, Nissan avait menacé de 
dénoncer l'accord fondateur de 2002, qui lui interdit 
actuellement d'augmenter sa participation de 15% sans droit de 
vote dans son partenaire français. 
    Selon la réglementation japonaise, un relèvement de la 
participation de Nissan dans Renault à 25% reviendrait à annuler 
les droits de vote de Renault chez lui, ce qui mettrait  
effectivement fin au contrôle français sur l'alliance. 
    "C'est une sérieuse menace. Un risque que Bercy ne voudra 
pas prendre. Donc Carlos Ghosn est en position de force", a 
souligné une source au fait de la position du gouvernement. 
    Renault-Nissan et le ministère de l'Economie ont refusé de 
faire un commentaire. 
    Reuters a rapporté fin octobre que Nissan avait formulé des 
propositions confidentielles pour mettre fin au contrôle de 
Renault, au motif que la montée de l'Etat français en avril au 
capital du constructeur - pour s'assurer l'an prochain les 
droits de vote double prévus par la loi Florange - avait 
déséquilibré l'alliance. 
    Nissan, qui a réuni son propre conseil d'administration le 
30 novembre, a fait à cette occasion de nouvelles propositions 
pour demander des engagements écrits sur une limitation de 
l'influence française. 
    Une semaine plus tard, le ministre de l'Economie Emmanuel 
Macron a redit que la priorité de l'Etat était de conserver une 
minorité de blocage en assemblée générale pour peser sur les 
sujets stratégiques, mais "en aucun cas (de s')immiscer dans le 
quotidien opérationnel de Renault ni dans celui de Nissan". 
     
    NISSAN OBTIENDRAIT DE L'ÉTAT DES ENGAGEMENTS 
    Dans le cadre du compromis qui se dessine, la France a 
accepté de soutenir l'adoption d'engagements contraignants que 
ni l'Etat, ni Renault n'interviendront dans le management ou la 
gouvernance de Nissan, selon des sources représentant les deux 
parties. 
    Mais le gouvernement refuse les demandes supplémentaires du 
groupe japonais, notamment la fin du droit qu'a Renault de 
nommer les trois principaux dirigeants de Nissan.  
    Emmanuel Macron a aussi rejeté jusqu'ici le projet d'un 
mécanisme de sauvegarde qui permettrait au groupe japonais de 
relever sa participation dans Renault si les termes du nouvel 
accord ne sont pas respectés. 
    Une simplification de l'alliance Renault-Nissan est espérée 
depuis longtemps sur les marchés financiers. Certains 
investisseurs voulaient croire que Carlos Ghosn utiliserait 
cette crise pour mener à bien d'importants changements 
structurels, voire qu'il aille jusqu'à une fusion totale entre 
les deux groupes afin de débloquer une partie de la valeur de 
l'importante participation de Renault dans Nissan, évaluée 
autour de 20 milliards de dollars (18,3 milliards d'euros 
environ). 
    "Le moment est rêvé pour que Renault-Nissan mène à bien des 
changements substantiels dans sa structure", commente dans une 
note Dominic O'Brien, analyste chez Exane BNP Paribas. "L'issue 
serait très décevante si Ghosn ne parvenait pas à utiliser la 
situation actuelle pour obtenir ce type de changement." 
    Renault détient 43,4% de Nissan, qu'il a sauvé de la 
faillite en 1999. Mais le constructeur japonais a depuis 
largement dépassé en taille son sauveur, alimentant un sentiment 
de déséquilibre au sein d'une alliance devenue aujourd'hui le 
quatrième constructeur automobile mondial. 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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