Vers un abaissement des quotas de pêche européen

le
0
Les quotas de pêche de quarante-sept espèces de poissons seront sans doute maintenus voire réduits l'an prochain.
Les quotas de pêche de quarante-sept espèces de poissons seront sans doute maintenus voire réduits l'an prochain.

Suivant les recommandations de la communauté scientifique, de nombreux quotas de prises pourraient être réévalués à la baisse dès l'année prochaine.



Évoquée à plusieurs reprises dans ces colonnes, la réforme de la Politique commune de la pêche (PCP) est, à l'instar de son pendant agricole, un chantier ô combien difficile à mener. Tiraillée entre les pressions des lobbies de la pêche et des grandes puissances européennes du secteur (la France et l'Espagne en tête), la nécessité de défendre tous les intérêts économiques et celle de ménager une biodiversité marine touchée de plein fouet par la surpêche, la pollution et le réchauffement climatique, sans quoi tout le monde sera perdant, Bruxelles avance prudemment sur ce dossier. Et pour cause : la Commission marche sur des oeufs.


Commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, elle, le sait bien : ambitieuses ? citons parmi elles l'interdiction des rejets en mer de poissons morts ou encore l'instauration d'un permis à points pour les bateaux -, ses propositions ne seront pas toutes retenues. Le maintien voire la réduction de nombreux quotas (quarante-sept très exactement) en 2013 semble en revanche bien engagé, tandis que ceux de seize stocks de poissons seraient dans le même temps revus à la hausse.




« 47 % des stocks font encore l'objet de surpêche »



« Les quotas de homard à l'ouest de l'écosse, de cabillaud et de sole dans la mer Celtique, de plie dans l'est de la Manche seront préservés ». De même, « le cabillaud et la sole de la mer d'Irlande, l'aiglefin de la mer Celtique, le cabillaud ainsi que le merlan de l'ouest de l'écosse (devraient) voir leurs quotas fortement abaissés pour pouvoir se renouveler », détaillent nos confrères du Monde. Le cap a donc été fixé. En fonction des avis scientifiques, ce qui devrait rassurer les associations de protection de l'environnement (), même si le chemin vers une pêche définitivement durable est encore semé d'embûches.


Outre de soutenir une aquaculture « durable et compétitive » via des aides à l'installation, l'objectif général de Bruxelles n'en demeure pas moins « que tous les stocks de poissons soient pêchés de manière soutenable à l'horizon 2015, en respectant un "rendement maximum durable" (RMD) défini par les scientifiques ». Il sera toutefois difficile à atteindre, Mme Damanaki ayant reconnu dans un communiqué relayé par le quotidien que « 47 % des stocks font encore l'objet de surpêche ». À noter aussi que, pour plus de trente stocks sur lesquels les connaissances scientifiques manquent, la Commission européenne a proposé de diminuer les quotas de 20 % « par mesure de précaution ». Un pourcentage dicté par « de récentes tendances observées dans ces stocks » et qui a valeur de compromis.


C'est que, dans cette affaire, il convient de toujours manier la carotte et le bâton...


Lire la suite
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant