Vers la fin du prix unique des hôtels sur Internet

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VIDÉO - Le site de réservation Booking fait une concession aux hôteliers en acceptant de leur laisser une plus grande liberté tarifaire.

Alors que les procédures pour entraves à la concurrence se multiplient contre les géants de la réservation hôtelière en ligne, le leader Booking donne des signes de bonne volonté. Dans le cadre d'une saisine de l'Autorité de la concurrence par les syndicats hôteliers, le site néerlandais, filiale du groupe américain Priceline, vient de proposer de supprimer de ses contrats la clause dite de «parité tarifaire».

Également appliquée par les concurrents de Booking (Expedia, HRS), elle contraint les hôteliers à proposer à chacun leur tarif le plus bas. Ils ne peuvent donc pas vendre leur chambre en direct à un meilleur prix ou sur un autre site.

L'abandon de cette clause, annoncée lundi par l'Autorité de la concurrence, n'est cependant pas définitif. Il s'agit pour l'instant d'un test qui prendra fin en janvier 2015. Elle s'appliquera - et c'est une première - à l'ensemble de l'espace économique européen. La Commission européenne a chargé la France, l'Italie et la Suède d'élaborer une solution négociée à l'échelle européenne.

Pour l'instant, seul Booking s'est engagé à modifier ses pratiques mais il n'accepte cette liberté des prix que sur Internet. Les hôteliers ne peuvent donc pas pratiquer en direct des prix plus faibles. «Faire bénéficier les hôteliers eux-mêmes de cette suppression n'était pas possible, estime Bruno Lasserre, président de l'Autorité de la concurrence. Il faut également protéger les investissements importants qu'effectuent les agences en ligne pour donner de la visibilité aux hôtels.»

«Un succès important»

L'Autorité de la concurrence, qui a déjà réussi à faire baisser sensiblement les commissions sur les paiements par carte bancaire, espère obtenir le même résultat. «C'est un succès important pour nous», souligne Bruno Lasserre. Il estime que les hôteliers seront en position d'obtenir une baisse des commissions prélevées par Booking et de pratiquer des tarifs plus compétitifs.  Actuellement, quel que soit le taux de commission pratiqué par le site de réservation, le prix pour le client final est le même. Il n'y a donc pas de véritable concurrence: Booking draine près de 70 % du trafic des internautes français à la recherche d'un hôtel.

Les syndicats ayant saisi l'Autorité, tels que l'Umih, restent prudents. Ils se méfient des risques d'«interprétation prématurée» de cette décision et poursuivent son analyse «sous les angles juridique, économique et commercial». Il est vrai que le syndicat majoritaire de l'hôtellerie milite plutôt pour un «contrat de mandat»: plus souple, il laisse aux hôteliers une grande liberté commerciale tout en fixant pour chaque canal de distribution un prix spécifique.

En fait, Booking peut se permettre d'ouvrir une brèche car il est en position de force sur le marché. Il est difficile pour ses clients hôteliers de le contourner. Le site de réservation peut d'autant plus jouer sur le taux de commission que son concurrent direct Expedia (avec son site hotels.com) prélève une commission plus élevée, notamment quand il encaisse directement le paiement de la chambre. Plus que le taux de commission lui-même, ce qui coûte de plus en plus cher à l'hôtellerie, c'est qu'une part sans cesse croissante de la clientèle réserve par ces sites particulièrement performants.

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